Présence russe en Syrie : Les médias occidentaux font une montagne de pas grand-chose

Les ruines d'un camp de réfugiés syriens Source: Reuters
Les ruines d'un camp de réfugiés syriens

Tandis que les médias occidentaux parlent de l’intensification de la présence militaire russe en Syrie, l’analyste américain en politique étrangère Derek Monroe, interrogé par RT, estime que cela ne fait que dramatiser ce qui se passe vraiment.

RT : Pourquoi cette histoire provoque autant de battage médiatique ? Est-ce qu’il existe des preuves de l’implication russe en Syrie ?

Derek Monroe : Je crois que le gouvernement russe, comme tout autre gouvernement qui fournit des armes, ne faisait pas grand secret de ses rapports commerciaux avec la Syrie, ainsi qu’avec d’autres. Une chose qu’il faut bien se rappeler, nous sommes au milieu d’une campagne électorale aux Etats-Unis où les problèmes de politique étrangère, tel que l’implication en Syrie ainsi que l’implication russe dans d’autres endroits sont assurément considérés comme une question cruciale.

Ainsi, ce qui se passe en ce moment n’est pas extraordinaire, puisque nous avons connu des situations similaires qui ont enflammé les médias occidentaux qui ont fait monter la sauce là où il n’y avait rien. En prenant un peu de recul, cela sert surtout à attirer l’attention du public qui va bientôt se rendre aux urnes.

RT : Quel est l’exactitude, d’après vous, avec laquelle les grands médias occidentaux ont repris le discours du président Vladimir Poutine sur la question syrienne ?

Derek Monroe : Extrêmement inexacte. En fait, j’ai écouté l’interview de Poutine en russe ainsi qu’avec la traduction. Et à vrai dire, je n’ai trouvé rien d’extraordinaire dans ce qu’il a dit. Poutine a expliqué que la Russie entend respecter ses obligations légales envers le gouvernement syrien en ce qui concerne l’équipement, l’entraînement des troupes et la livraison d’armements, la Russie ayant signé d’importants contrats avec la Syrie il y a quelques années ainsi que d’autres gouvernements à travers le monde qui ont conclu des accords pour fournir de l’aide à leurs partenaires, que ce soit des armes ou de la formation.

Ainsi, je ne considère pas la position de Poutine comme un signe de rébellion. Mais malheureusement, les médias américains essaient de faire une montagne d’un rien en parlant d’agression russe, de son implication en Syrie.

RT : S’il s’avère que la Russie aide l’armée syrienne à combattre l’Etat islamique, en quoi cela peut la mettre en confrontation avec la coalition anti-Daesh menée par les Etats-Unis, comme l’a prévenu le secrétaire d’Etat John Kerry ?

Derek Monroe : C’est une bonne question en fait. Il me semble que nous luttons contre un monstre à deux têtes. La tête de Daesh qui essaye de renverser le régime de Bachar al-Assad en Syrie et l’autre qui combat en Irak contre le gouvernement allié des Etats-Unis pour chercher à mettre la main sur les ressources pétrolières du pays. Il y a beaucoup de contradictions sur cette question controversée. Et je crois que les médias américains n’iront pas bien au-delà de cela puisqu’ils risquent de semer la confusion dans la tête de leurs lecteurs sur les questions de politique étrangère américaine et ses mésaventures.

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