Fichés S : des attaques terroristes à répétition face à l’inaction de l’Etat

Fichés S : des attaques terroristes à répétition face à l’inaction de l’Etat
Des policiers montent la garde après l'attaque au couteau à Paris le 12 mai 2018, photo ©Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP

Après l'attentat du 12 mai en plein coeur de Paris, l'expert en renseignement Chems Akrouf, craignant que ces attaques se répètent, revient sur l'action de l'Etat et les propositions de la classe politique française.

Alors que la France vient de subir une nouvelle fois un atroce attentat à proximité de l’Opéra Garnier, il apparaît désormais certain que nous allons vivre encore et encore les mêmes types d’attaques. L’attaque au couteau du 12 mai, perpétrée en plein cœur de Paris, revendiquée par l’organisation Etat islamique (EI), et qui a coûté la vie à un passant, a été commise par un Français né en 1997 en Tchétchénie. 


Ces attaques terroristes si spectaculaires et si médiatisées ne nécessitent ni de gros moyens, ni un savoir faire particulier, pas besoin d’avoir subi un entrainement spécialisé pour tuer.

Alors que beaucoup d'experts nous parlent des revenants, la réelle menace se construit de l'intérieur du territoire national et elle est déjà parmi nous

Faire le plus de victimes possibles, au hasard des rues, et terroriser : tel est l'objectif stratégique de ce type d’attaque déjà observé en France et en Europe à plusieurs reprises. Tout le monde peut être visé. Savoir qu'on est nulle part à l'abri : voilà ce qui doit résonner dans l’esprit des Français. Alors que beaucoup d'experts nous parlent des revenants, la réelle menace se construit de l'intérieur du territoire national et elle est déjà parmi nous... et émane probablement des personnes déjà identifiées dans tous les fichiers détenus par les services de renseignement (Fiches S, FSPRT, FPR, FIJAIT).

L'attaque au couteau et aux véhicules béliers, sont des modes opératoires devenus dorénavant récurrents. Les lois renseignement et antiterroristes se succèdent mais la menace persiste. Beaucoup de français perdent patience et la classe politique française se déchire sur les réponses sécuritaires à mettre en place.

Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux à même indiqué lors d’une interview regretter le manque «d'unité nationale» et qu'il n'y avait «pas moyen d'empêcher ce type d'événements». Le député Nicolas Dupont-Aignan indique sur son blog internet du parti Debout la France : «Les attentats sont imprévisibles, mais nous ne pouvons pas accepter l’inaction de l’État ! Où est la "task force" de Monsieur Macron ? Où est la loi antiterroriste ? Où sont les actes derrière la communication du gouvernement ?» 

Les polémiques politiciennes arrivent en même temps que les propositions sécuritaires d’une opposition aux solutions parfois radicales et illégales dans un Etat de droit. Ainsi, Laurent Wauquiez chef des Républicains souhaite voir appliquer «une série de mesures  qui s’imposent», selon lui, comme : «interner de manière préventive les fichés S les plus dangereux», «expulser systématiquement les fichés S qui n’ont pas la nationalité française», «créer un délit d’incitation à la haine de la France», et enfin «refuser le retour des djihadistes partis en Syrie ou en Irak».

Ne pouvons-nous pas améliorer nos capacités de renseignement humain ?

Ne pouvons-nous pas améliorer nos capacités de renseignement humain afin d’avoir des capteurs spécialisés, issus de l’immigration et considéré comme «sexy» pour les recruteurs, capables d’infiltrer certains réseaux œuvrant en France afin d’avoir une réelle connaissance des acteurs qui jouent dans le recrutement et l’endoctrinement de nos jeunes ?

Pourquoi n’avons-nous pas élaboré une stratégie nationale de contre-influence pour discréditer l'organisation terroriste Daesh en terme de guerre psychologique sur les réseaux sociaux, alors qu'elle utilise de maniéré stratégique la théorie du complot et la désinformation pour endoctriner et manipuler des esprits faibles ?

Selon certaines voix proches de l’Elysée, un vent de remaniement soufflerait. Mais le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, semble, malgré les difficultés rencontrées par la loi «Asile et immigration» et les attaques terroristes non déjouées récurrentes, garder la confiance du chef de l'Etat.

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