Robert Ménard : je continuerai à lutter pour les statistiques ethniques, on ne peut nier la réalité

Le maire de Béziers Robert Ménard. (AFP Photo/Pascal Guyot)Source: AFP
Le maire de Béziers Robert Ménard. (AFP Photo/Pascal Guyot)

Robert Ménard, soupçonné d’avoir effectué le fichage des enfants musulmans dans sa commune, a vu les poursuites à son encontre être abandonnées. Dans une interview exclusive à RT France, il dit ne pas vouloir cesser de travailler dans ce sens.

RT France : Le parquet de Béziers a classé sans suite l’affaire du fichage ethnique des enfants. Quel est votre sentiment ?

Robert Ménard : Tout d’abord il faut dire que je suis satisfait, après avoir été traîné dans la boue, insulté, un certain nombre d’hommes politiques ont demandé que je sois destitué. On a eu des déclarations de la ministre de la Justice qui a expliqué que c’était une honte, que ça rappelait les années 1939-1940. Le Premier ministre m’a mis en cause, le chef de l’Etat qui a fait des déclarations ; toute la classe politique, toute cette gauche insupportable, donneuse de leçon qui me montre du doigt, et il n’y a rien dans ce dossier. J’ai dit seulement ce qui existe, ce que je vois tous les jours comme maire de Béziers, comme tous les maires le font. Aujourd’hui j’espère que tous ces gens-là, je sais qu’ils ne le feront pas, devraient me présenter des excuses après ce qu’ils ont dit.

D’ailleurs, j’ai demandé publiquement des excuses, au chef de l’Etat, au Premier ministre, au ministre de la Justice, au ministre de l’Intérieur des excuses pour m’avoir diffamé, pour avoir dit un certain nombre de choses sans même regarder de plus près. Et j’en veux particulièrement à la ministre de la Justice qui devrait être prudente avant de dire certaines choses. Et c’est elle qui a dit les choses les plus horribles et inacceptables, vous me direz qu’elle est habituée à ce genre de déclarations, mais là c’est insupportable. Bien sur je n’aurai aucune excuses ni d’elle, ni d’une partie des journalistes.

Si on jette un coup d’œil sur ce que la presse a écrit, on verra qu’elle a écrit sans rien vérifier, sans rien contrôler reprenant tous ensemble les mêmes accusations et aujourd’hui quand je regarde ces journaux, alors qu’ils ont consacré des pages entières, des émissions entières à la radio et à la télévision sur cette affaire entre guillemets, parce qu’il n’y a aucune affaire, il n’y a rien du tout. Maintenant, ils mettent deux lignes pour dire «ah non, voilà, le procureur a classé sans suite». Mais qu’est-ce que c’est que ça ? On vous accuse, on écrit des pages entières pour dire que vous êtes un maire indigne, un citoyen indigne et puis quand la justice tranche et vous donne raison, il n’y a rien ou presque rien dans les médias. Et là, on commence à se poser une question «qu’est-ce que c’est ces journalistes ?».

RT France : Maintenant que cette affaire est classée, pensez-vous entamer des poursuites contre quelqu’un ?

Robert Ménard : Je pense qu’aujourd’hui la réponse c’est la politique, il faut se débarrasser de cette classe médiatico-politique. Parce que les journalistes et les hommes politiques c’est la même chose, d’ailleurs ils finissent dans les mêmes lits la plupart du temps. Cela veut dire que c’est exactement la même petite nomenclature qui défend ses petits intérêts, son petit système. La seule solution c’est de balayer ces gens-là, que ce soit dans les médias, que ce soit dans la classe politique.

RT France : Et quels sont vos projets pour l’avenir ? Allez-vous continuer à travailler dans la même direction ?

Robert Ménard : Je continuerai à dire la vérité, à faire preuve de bon sens, à dire ce que je constate, de dire ce qu’un citoyen constate au niveau d’une ville comme au niveau de ce pays. C’est-à-dire que je vais continuer à me battre pour qu’on fasse des statistiques ethniques parce que si on ne les a pas, on ne peut pas intervenir, parce qu’on ne peut pas nier la réalité et j’en tirerai, dans ma ville, en tant que maire, les conséquences. Cela veut dire qu’il y a des écoles que je vais supprimer, diviser pour qu’on puisse espérer demain avoir un peu plus de mélange des gens.

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