Expert en sécurité globale: «l'auteur cherchait à commettre un empoisonnement massif»

Sur les lieux de l'attentat© Emmanuel FoudrotSource: Reuters
Sur les lieux de l'attentat

Une personne est morte et au moins deux ont été blessées dans un attentat commis contre une usine de gaz industriels en Isère. Claude Moniquet, expert en sécurité globale, estime qu'en matière de terrorisme, le risque zero n'existe pas.

Claude Moniquet est un ancien agent de renseignement de la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE). Il est le cofondateur de l'European Strategic Intelligence and Security Center, société d'analyse stratégique et d'intelligence économique.

RT France : Le mode opératoire vous semble-t-il habituel ?

Claude Moniquet : Celui-ci reste encore très flou, des éclaircissements doivent être apportés. Il semble que l'homme était porteur d'un étendard de l'Etat islamique. L'attentat ressemble également à un attentat suicide car le chauffeur du véhicule a tenté de percuter des bombones de gaz dans la cour de l'usine et il y a eu une décapitation avant l'attentat. Des inscriptions auraient été portées sur cette tête. Il y a là un mode opératoire qui ressemble à celui de l'Etat islamique mais cela reste à confirmer.

RT France : L'attentat a visé un site classé Seveso, pourquoi ?

Claude Moniquet : Il est clair qu'en attaquant un site industriel classé sensible et produisant du gaz industriel, l'auteur cherchait à commettre un empoisonnement massif sur le personnel et sur les riverains. Il y a là une tentative de commettre le maximum de dégât humain. 

RT France : Le présumé auteur des attentats était connu des services et fiché pour radicalisation, y-a-t-il eu un raté ?

Claude Moniquet : Il est encore trop tôt pour le dire. Les gens connus des services sont des milliers en France. Tous ne peuvent être soumis à une surveillance permanente pour des raisons d'effectifs. Si c'est bien l'Etat islamique, ce serait la première fois qu'il vise un site industriel en Europe, ce qui signifie la démultiplication du nombre de cibles potentielles. Très pratiquement, entre les écoles, la police, l'armée, les centres communautaires juifs, les lieux de cultes, en cumulant tous les effectifs de la police et de l'armée, on n'a pas les moyens de mettre un homme en garde statique devant chacun de ces lieux. 

RT France : Est ce que la France présente une fragilité ou des failles particulières qui en ferait une cible privilégiée ?

Claude Moniquet : Aujourd'hui, tout pays d'Europe peut être la cible d'un attentat. Même un pays très paisible comme le Danemark a été l'objet d'un attentat, comme cela a été le cas à Copenhague en mars dernier. Il n'y a pas de contentieux particulier là-bas, et pourtant il en a été victime. Le terrorisme islamiste ne s'embarrasse pas de ce genre de considération. Tout pays dans lequel il y a des gens qui se sont radicalisés peut être une cible potentielle. La France est peut-être plus un pays à risque en raison du nombre de personnes radicalisées.

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