«Qui décide de ce qui est une fausse information et de ce qui ne l'est pas ?»

«Qui décide de ce qui est une fausse information et de ce qui ne l'est pas ?» Source: www.globallookpress.com
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Comment définit-on une fausse information et qu’inclut-on dans ce concept ? Lionel, analyste juridique et médiatique, donne à RT sa vision de ce qu'il considère être une forme de censure en amont.

Le terme «fake news» qui a une fois été utilisé par le président américain Donald Trump est devenu célèbre. Il pourrait même finir par se trouver une place dans le dictionnaire. L'émission de CBS 60 Minutes s'est récemment penchée sur la question.

RT: Que pensez-vous de la manière qu'ont les médias de couvrir les «fake news» ?

Lionel : Tout d'abord, cela n'a rien à voir avec les fausses informations. Il s'agit de censure. C'est une étiquette qui est utilisée, qui cherche à faire taire toute voix – qu'il s'agisse de journalisme alternatif, étranger, ou citoyen – toute voix qu'ils considèrent comme inadéquate. Je suis avocat et j'aime les définitions. Qu'est-ce que veut dire «faux» ? Est-ce «faux» dans le sens d'«incorrect», d'«erroné», d'«exagéré», de «négligent» – je ne sais pas. Ce à quoi vous assistez en ce moment, c'est qu'il va y avoir un mouvement vers des algorithmes de censure, des filtres. Et ce par exemple, quand vous utiliserez ce à quoi vous croyez avoir un accès illimité, internet. La population apprécie Facebook, ils vont donc commencer avec Facebook et Twitter. Ils peuvent opter pour le filtrage par des organisations bien connues comme Snopes ou PolitiFact. Un jour vous aller taper quelque chose, et on dira : «C'est faux.» Qui peut décider de cela ?

C'est une des choses les plus dangereuses à laquelle nous, en tant que citoyens américains, somme confrontés

Si l'on se demande ce qu'est une fausse information, faut-il considérer ainsi, par exemple, les rapports sur l'existence d'armes de destruction massive [en Irak] ? Ou était-ce là des informations erronées ? Je ne veux pas être trop méticuleux sur les définitions, mais le fait est qu'elles ont beaucoup d'importance. Il faut se souvenir du fait que, quand ce pays a lancé, en 1950, l'operation Mockingbird, il a utilisé la CIA pour travailler main dans la main avec les médias traditionnels en vue de créer, d'élaborer des informations qui n'étaient autre chose que de la propagande. Voyez-vous l'ironie ? Ces mêmes personnes appellent aujourd'hui à une purge des fausses informations ? C'est une des choses les plus dangereuses à laquelle nous, en tant que citoyens américains, somme confrontés. Après avoir regardé les présentateurs de 60 minutes, les gens diront : «Oui, débarrassez-vous des fausses informations.» Mais qui décide ?

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