Espionnage de la NSA : «les Etats-Unis ne sont pas l’ami de l’Europe»

L'office de la NSA© Jason Reed Source: Reuters
L'office de la NSA

«Avons nous le luxe d'espionner la France, alors que nous ne parvenons pas à capturer des gens réellement dangereux et importants?» Voici une des question qu'un ex-officier de la NSA s’est posée lors d'une interview accordée à RT.

Hier dans l’après-midi, WikiLeaks a publié l'extrait d’une base de données de la NSA qui listait les cibles prioritaires des mises sur écoute baptisés «top targets» où figuraient les noms de trois présidents français, notamment Hollande, Chirac et Sarkozy.

Selon deux ex-officiers de la CIA et de la NSA, la France doit «mieux choisir ses amis».

L’ancien officier de la CIA Robert David Steele a déclaré dans l’interview accordée à RT que les services de renseignement devaient agir ouvertement.

«L’Europe doit penser sérieusement à la création d'une communauté du renseignement européenne qui pourra ouvertement oeuvrer sur la politique stratégique, les accusations et les opérations. Je pense que nous devons reconsidérer sérieusement l’interdiction des agences secrètes du renseignement et faire tout ce que nous n’avons pas fait depuis des siècles, à savoir, des discussions ouvertes avec tous les faits sur la table», a-t-il précisé.

Robert David Steele croit également que «la confidentialité est, en effet, toxique». Pour cette raison, il propose à l'Europe de renoncer à son amitié avec les Etats-Unis.

«Je pense que l’Europe doit comprendre que les Etats-Unis ne sont pas leur ami. L’Europe doit sérieusement exiger un retrait des bases américaines de leur sol», a-t-il souligné.

L’ancien officier de la NSA Kirk Wiebe est lui aussi aussi persuadé que les Etats-Unis ne sont pas le meilleur ami de la France car leurs positions politiques ont toujours été très différentes.

«La France a un esprit bien plus indépendant, du moins dans mon optique, que les autres amis traditionnels des Etats-Unis en Europe. Bien sûr, l’Allemagne et le Royaume-Uni sont leurs alliés les plus proches. Mais ce n'est pas le cas de la France», a-t-il fait savoir.

Kirk Wiebe a également mis en évidence une indignation «bien trop symbolique» de la France face à l'espionnage américain. Il a également rappelé que les Etats-Unis feraient mieux d'essayer de capturer des terroristes au lieu d’espionner les chefs d'états français.

«Pouvons nous nous accorder le luxe d'espionner la France, alors que nous ne parvenons pas à capturer des gens réellement dangereux et importants?», a-t-il déclaré. 

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Social comments Cackle
Enquêtes spéciales