Les fiancées du Djihad : Daesh développe l’exploitation sexuelle

Une femme fuit une ville de Maskana capturé par Daesh© StringerSource: Reuters
Une femme fuit une ville de Maskana capturé par Daesh

L’exploitation sexuelle, sous-produit ordinaire de la guerre, n’a jamais eu lieu dans l’histoire de l’islam jusqu’à présent et n’est pas acceptable dans l’islam, estime Henna Rai, militante des droits des femmes.

L’ONU a révélé ce que Daesh fait aux femmes lorsque l’organisation terroriste prend le contrôle de nouveaux territoires : viols, esclavage, sadisme et meurtres. Les extrémistes tiennent des marchés aux esclaves pour les femmes qu’ils ont capturées dans les territoires conquis. Les plus précieuses sont vendues à des prix élevés, d’autres peuvent être vendues pour celui d’un paquet de cigarettes. De plus, l’enlèvement d’adolescentes fait partie des méthodes que Daesh utilise pour recruter des combattants étrangers.

Henna Rai, spécialiste des questions de trafic sexuel et d’émancipation féminine, qui travaille en collaboration avec le ministère britannique de l’Intérieur pour empêcher le recrutement des jeunes gens par l’Etat islamique (EI), a répondu aux questions de RT.

RT : Des femmes esclaves, est-ce un instrument de recrutement efficace ?

Henna Rai : C’est difficile à dire. En bref, oui. Pour la seule raison que des femmes réussissent mieux à convaincre d’autres femmes, et qu’une femme fera plus facilement confiance à une autre femme située de l'autre côté de la caméra si elle lui propose de rejoindre Daesh ou de faire partie du mouvement et de travailler pour eux, parce que c’est vers un mode de vie qu’elles pourraient suivre.

RT : «C'est une guerre menée sur le corps des femmes», voilà la façon dont l’envoyé de l’ONU sur la violence sexuelle a qualifié le comportement de Daesh. Est-ce que le viol et l’exploitation des femmes se produit dans toute les guerres ? A quel point est-ce différent ici ?

H. R. : Quand nous regardons l’histoire de l’exploitation sexuelle, le viol et le pillage par exemple, sont des facteurs communs et des sous-produits des guerres et des combats. Cependant, quand on regarde l’histoire de l’islam et la façon dont les guerres et les batailles ont été menées à l’époque du Prophète – qui étaient parfaitement justifiées pour différentes raisons sociales et politiques –, on ne trouve aucun cas où les compagnons du prophète auraient violé, dépouillé ou exploité des femmes sexuellement. Elles avaient l’opportunité d’être libres, de travailler dans différents secteurs de l’islam à Médine et dans les régions islamiques qui étaient sous la juridiction du prophète et de ses compagnons à l’époque du califat. Alors, ce n’est pas quelque chose que l’on peut accepter dans l’islam, et je ne pense pas qu’humainement nous puissions considérer cela comme inéluctable. C’est toujours très grave lorsque les femmes sont réduites à des objets, exploitées pour des raisons politiques, sociales ou toute autre raison.

Khaled al-Hariri© Khaled al-HaririSource: Reuters
Khaled al-Hariri

RT : Que dire des femmes qui quittent leur famille pour rejoindre Daesh de leur propre gré ? Sont-elles conscientes de ces atrocités ?

H. R. : L’information est disponible pour ceux qui veulent la voir. Mais très souvent beaucoup de ces jeunes filles qui ont rejoint Daesh, notamment au Royaume-Uni, sont pré-pubères ou pubères et ont de 14 à 17 ans. Elles sont extrêmement vulnérables et influençables. Je ne pense pas que ces filles ont jamais été conscientes des atrocités ni de la réalité de l’Etat islamique et encore moins de son idéologie.

RT : Sait-on si les filles qui ont rejoint Daesh volontairement sont traitées différemment de celles qui sont faites prisonnières et ensuite transformées en esclaves sexuelles ? Avons-nous des informations à ce propos ?

H. R. : Il y a eu différentes informations au Royaume-Uni sur des femmes qui avaient recours aux services d’agences matrimoniales et qui voulaient devenir épouse de djihadiste. Je pense que les filles qui choisissent d’y aller sont considérés peut-être un peu mieux par rapport à celles qui ont été réduites en esclavage par la force. Ces filles ont fait un choix et elles sont un peu plus au courant de ce qu’elles veulent. Mais en même temps, ces filles ont été endoctrinées sur le fait que ce choix est le bon pour elles. Alors, elles ont une image presque glamour de l’épouse djihadiste. Elles pensent qu’elles feront des choses justifiées par l’islam et aux yeux d’Allah. Les filles réduites en esclavage, elles, n’ont pas ce choix.

RT: Le renseignement américain a révélé que des femmes de Daesh jouaient un grand rôle dans les opérations, elles sont souvent utilisées comme espionnes et informatrices. Qui sont ces femmes et y a-t-il une hiérarchie ?

H. R. : Daesh a un système structuré et organisé pour ceux qui décident de rejoindre leurs rangs. On nous a informés qu’il y avait un système hiérarchique dans lequel les femmes travaillent généralement avec des femmes. Il y a une police des femmes qui punissent, harcèlent et torturent d’autres femmes à la demande des combattants de l’EI. On peut dire qu’il y a une hiérarchie mais que les gens qui sont recrutés pour la même tâche restent ensemble, pour atteindre leur but. 

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