Ancien chef du Pentagone : «Plus nous avons d’armes nucléaires, plus notre existence est en danger»

Ancien chef du Pentagone : «Plus  nous avons d’armes nucléaires, plus notre existence est en danger»© The Official CTBTO Photostream
Immage d'illustration : essai nucléaire atmosphérique de la bombe «Castle Romeo» en 1954.

Ancien secrétaire à la Défense américain, William Cohen explique que «la possibilité qu’une bombe puisse détruire une ville américaine ou toute autre ville du monde» l’empêche toujours de dormir.

William Cohen, dans le cadre d'une émission de Larry King sur RT, a donné son opinion sur les nominations au sein de l’administration Trump, expliqué pourquoi les décisions du nouveau président le rendent mal à l’aise, et exprimé son avis à l’égard de l'attitude américaine face à l’Iran.

Il a ainsi expliqué que «la possibilité qu’une bombe détruise une ville américaine… ou toute autre ville du monde», l’empêchait toujours de dormir, comme auparavant lorsqu'il était chef du Pentagone.

«Bill Perry, mon prédécesseur, qui était un physicien et père de la technologie furtive, a écrit un livre sur le sujet, En allant vers le bord du gouffre. Il y disait qu’il fallait se concentrer sur des mesures pour réduire le nombre d’armes. Notre président estime que la Corée du Sud ou le Japon devraient peut-être avoir leurs propres armes nucléaires, peut-être que les Saoudiens devraient avoir leurs propres armes nucléaires. Plus nous avons d’armes nucléaires, plus notre existence est menacée. C’est quelque chose qui m’empêche de dormir», a-t-il affirmé.

En janvier, William Cohen a approuvé la candidature au poste de secrétaire à la Défense du général en retraite James Mattis, lors de l’audience de confirmation.

«Je connais James Mattis, parce qu’il a travaillé avec moi. C'était un jeune colonel et je servais au sein du département de la Défense. Je le connais depuis des années et nous sommes toujours restés en contact», a déclaré William Cohen. «C'est non seulement un grand soldat, mais aussi un grand érudit. Il lit beaucoup ; il a quelques 6 000 livres dans sa bibliothèque, qu'il a lus pour la plupart, contrairement à d’autres qui possèdent des milliers de livres. Il étudie constamment les affaires internationales, la philosophie, l’art du combat et l’art de négocier. Alors, j’ai été ravi de voir un homme comme lui à ce poste compte tenu du fait que nous vivons des temps particulièrement difficiles.»

Il a également expliqué pourquoi James Mattis, avec toutes ses capacités intellectuelles, était appelé «Mad Dog» : «Vous ne trouverez pas d’homme plus féroce que lui dans une bataille.»

«C'est un homme de guerre qui [...] est toujours au front, en première ligne. Il a toujours été au cœur de la bataille. Il a toujours été avec ses soldats sur le champ de bataille», a déclaré l’ancien chef du Pentagone. 

Selon William Cohen, la candidature de James Mattis est une des meilleures nominations de l’administration Trump. 

«J’ai énormément de respect pour Rex Tillerson également. Je ne le connais pas aussi bien, mais je travaillais avec lui au CSIS (Centre for Strategic and International Studies), et j’ai été impressionné. Evidemment, personne ne peut occuper le poste de président d’Exxon Mobil pendant tant d’années sans être un homme remarquable», a-t-il expliqué. «Je dirais qu'ils sont deux personnages éminents, deux spécialistes éprouvés. Je pense qu’ils peuvent former une bonne équipe. Normalement, il y a des tensions entre le département d’Etat et le département de la Défense. J’ai eu la possibilité de travailler avec le secrétaire d'Etat Madeleine Albright, et de régler nos différends. Rex Tillerson et le secrétaire à la Défense James Mattis vont faire un travail formidable ensemble.»

Avant l’élection, William Cohen avait déclaré qu’il serait préoccupé par le fait que Donald Trump prenne des décisions sur des questions essentielles, puisqu’il ne possédait pas les connaissances nécessaires dans le domaine militaire et dans celui des affaires internationales. Il n’y eu aucun changement important depuis son investiture, «à part le fait qu’il a désigné de bonnes personnes, et cela me rassure», affirme-t-il. 

«Je suis préoccupé. Va-t-il les écouter, ou va-t-il être tenté d’agir comme un homme d’affaires. C’est-à-dire prendre les décisions tout seul, en fonction de ce qu’il croit être juste», a confié Cohen à RT. 

«J’espère qu’il s’est entouré de gens vraiment formidables et qu’il va écouter leurs conseils. Il s'est déjà prononcé en faveur, par exemple, de la simulation de noyade, et d’autres tortures. James Mattis a dit de son côté : "Non, ce n’est pas la voie à suivre." Et le président a alors répondu : "Eh bien, j’ai exprimé mon avis, mais je m'en réfère au secrétaire à la Défense." C’est une bonne nouvelle, mais c’est extrêmement rare. En général, le secrétaire à la Défense s’en remet au président et non l’inverse,»a déclaré l’ancien secrétaire à la Défense. 

Evoquant l'attitude américaine face à l’Iran après un test de missiles balistiques effectué par Téhéran, William Cohen a souligné que les Etats-Unis devaient être prudents, car cela pouvait être considéré comme une ligne rouge. 

«C’était la même chose lorsque le président Obama a dressé une ligne rouge, selon laquelle, si les Syriens utilisaient des armes chimiques – ils devraient faire face à de graves conséquences de la part des Etats-Unis. Nous savons comment cette histoire s’est terminée : par une promesse non tenue. Cela a de toute évidence eu un très mauvais impact sur nos alliés. Et cela a influencé, si l'on prend en compte [les relations avec] le président Vladimir Poutine, notre fiabilité dans un tel contexte circonstances. Alors il faut être très prudents»,estime-t-il.

Selon William Cohen,«les Iraniens vont faire tout leur possible pour irriter les Etats-Unis». 

«Ils vont faire les tests jusqu’au moment où ils pourront annoncer qu’il n’est pas illégal pour eux de tester ce type de missiles. Donc, si vous fixez une ligne rouge en disant "vous êtes prévenus" la question suivante est : "Que fait-on ?"»

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