Attentat à Istanbul : «Le signe tragique que Daesh est en train de perdre la guerre»

Attentat à Istanbul : «Le signe tragique que Daesh est en train de perdre la guerre»© HUSEYIN ALDEMIR Source: Reuters
Un policier turc garde l'entrée de la boîte de nuit attaquée dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier à Istanbul.

Le Reina à Istanbul était un lieu festif, cosmopolite et touristique. Pour l'ancienne militaire américaine Karen Kwiatkowski l'attentat perpétré dans la boîte de nuit à Istanbul apparaît comme un aveu des défaites de Daesh en Syrie et en Irak.

RT : La Turquie a négocié l'accord de cessez-le-feu avec la Russie. Le Conseil de sécurité de l'ONU a voté à l'unanimité une résolution de soutien à cette trêve. Peut-on voir un lien entre cet accord et les tragiques derniers événements ?

Karen Kwiatkowski : Je le pense sincèrement. L'attaque a eu lieu dans la partie européenne d'Istanbul dans une boîte de nuit où l'on trouve de nombreux touristes, où l'on trouve aussi bien des Turcs que des étrangers. Pour moi, cela ressemble à une attaque pour attirer l'attention et potentiellement également pour entraîner une réaction des puissances occidentales. Je pense que le monde entier a les yeux rivés sur ce qu'il se passe en Syrie et semble plutôt être d'accord avec le fait que l'effondrement de l'Etat islamique - qui se profile avec l'offensive russe et avec l'aide des Turcs - est une bonne nouvelle pour la Syrie. On assiste à un rejet de la politique occidentale consistant à privilégier le renversement de Bachar Al-Assad et une demande de se concentrer sur la luttre contre les terroristes. Ces derniers y répondent avec des attentats comme celui-là. L'évacuation des djihadistes à Alep, tout comme ce qui se passe lentement à Mossoul en Irak jouent contre Daesh. La plupart des zones où l'Etat islamique avait le contrôle sous maintenant assiégées. Cela pourrait être le terrible signe que l'Etat islamique est en train de perdre la guerre.

Cela donne l'impression que l'on fait ce qu'il fallait faire contre les attaques terroristes juste une seconde trop tard

RT : Le propriétaire de la boîte de nuit le Reina à Istanbul a déclaré que les services de renseignement américain avait prévenu que ce genre d'attaques pourraient avoir lieu. Ces événements sont-ils impossible à prévoir et prévenir ?

K. K. : Vous savez critiquer après l'horreur... Je ne sais pas. Je peux néanmoins dire que le département d'état américain n'avait pas changé ses restrictions de voyages sur la Turquie sur son site depuis le 29 octobre 2016. A ce moment-là, il était signalé que dans des lieux comme cette boîte de nuit, les touristes devaient être vigilants et devraient les éviter autant que possible. Si, comme le dit le propriétaire du club, les services de renseignement américain avait des informations sur une telle attaque une semaine ou dix jours avant, cela pose effectivement question. Mais peut-on prévenir ces attaques ? C'est vraiment difficile à dire. A Berlin, les autorités ont installé des protections suffisantes juste après l'attaque du camion. Cela donne l'impression que l'on fait ce qu'il fallait faire juste une seconde trop tard.

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