La guerre en Syrie : «Il n’y a pas de limite à la violence des islamistes»

La guerre en Syrie : «Il n’y a pas de limite à la violence des islamistes»© Sana Sana Source: Reuters
Les forces fidèles au Président syrien Bashar el-Assad dans le quartier d'Alep contrôlé par l'armée gouvernementale

Les islamistes à Alep sont près de la défaite, mais les Etats-Unis ne comprennent toujours pas qu'ils ont commis une erreur, en soutenant les islamistes pour «modifier les frontières ethniques et religieuses», estime le député Nicolas Dhuicq.

RT : Les combattants à Alep ont déjà perdu 70% de leur territoire, mais aussi ils ont intensifié leurs contre-attaques. Peuvent-ils encore repousser les offensives des forces gouvernementales ? Pensez-vous qu’ils vont lutter jusqu’au bout ?

Nicolas Dhuicq (N. D.) : Cela s’est produit probablement parce qu’ils n'ont pas le soutien de la population et parce qu’ils agissent comme des fanatiques, qui veulent mourir pour atteindre le Paradis. Et comme nous le savons tous, et surtout comme le sait la Russie de son expérience historique, les guerres civiles sont les plus implacables de tous les conflits, car il n’y a pas de limite à la violence. De même façon, il n’y a pas de limite à la violence des islamistes.

Les islamistes qui étaient bien organisés et recevaient du financement des pays du Golf, ont profité de la situation pour jouer leur jeu mortel

RT : Nous avons entendu les déclarations de divers analystes occidentaux, y compris des analystes américains, pour qui le succès récent du gouvernement va nuire aux chances des forces rebelles de gagner la guerre en Syrie. Quelle est votre opinion ?

N. D. : Je crois qu’il faut comprendre comment les choses ont commencé. Il y avait une révolte dans la partie urbaine de la Syrie et dans la campagne, qui a été causée par les reformes économiques. Les islamistes qui étaient bien organisés et recevaient du financement des pays du Golf, ont profité de la situation pour jouer leur jeu mortel.

J’espère qu'il y aura un nouveau gouvernement en France, qui se rendra compte de la nécessité de collaborer avec la Russie

Dès le début, la diplomatie occidentale a commis une erreur, et ils ne comprennent toujours pas que, si on avait renversé Assad, nous aurions un bain de sang dans la région. Je suis profondément touché par le martyre d’Alep. Mais j’espère qu’un jour je pourrai me promener dans les rues d’Alep. J’espère aussi que nous aurons un nouveau gouvernement en France, qui se rendra compte de la nécessité de collaborer avec la Russie sur ce sujet. Parce que nous avons un ennemi commun, qui est l’islamisme.

RT : Les Etats-Unis soutenaient ouvertement les forces rebelles. Compte tenu de leur échec peuvent-ils revoir leur politique ?

N. D. : J’espère que oui. Nous sommes dans cette situation, parce que dans les années 1990 les Etats-Unis se sont trompés en élaborant leur politique par rapport au Moyen Orient.

Comme vous le savez, ils se sont donnés pour but de modifier entièrement les frontières au Moyen-Orient, ayant d’abord détruit l’Irak, ensuite la Syrie, comme des pays retardés, et en essayant de redessiner les frontières des zones ethniques et religieuses. C’est extrêmement dangereux. Je vous rappelle que tous les Syriens que j’avais rencontrés au cours de mon voyage en Syrie, ils m’ont tous dit : «Tous d’abord, nous sommes les Syriens, nous ne sommes pas des chrétiens, des sunnites, des chiites ou des Druzes – avant tout, nous sommes les Syriens.» Les Américains ne l’ont toujours pas compris.   

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