Dominique Jamet : «Le gouvernement français a des problèmes de vision de la réalité»

Dominique Jamet : «Le gouvernement français a des problèmes de vision de la réalit黩 Christophe Ena Source: Reuters
Jean-Marc Ayrault, Manuel Valls et François Hollande

Vice-président de Debout la France, Dominique Jamet estime que les rapports entre Donald Trump et les dirigeants français ayant eu «l'imprudence de se mêler des élections américaines» en préférant nettement un candidat, risquent d'être compliquées.

RT France : La victoire de Donald Trump aux élections américaines était inattendue par certains dirigeants français qui se sont prononcés contre lui. Comment vont se développer les relations entre les Etats-Unis et la France à présent ?

Dominique Jamet (D. J.) : Les relations entre le nouveau président américain Donald Trump élu cette nuit et le gouvernement français actuel risquent de ne pas être très bonnes. Ce gouvernement a eu l’imprudence de se mêler des élections américaines et de faire comprendre que son choix était Hillary Clinton... Les Américains n’ont pas fait le même choix. Je ne pense donc pas qu’entre le gouvernement français actuel et le nouveau président des Etats-Unis les relations puissent être très bonnes.

D’ailleurs, on a pu constater dès ce matin que Matteo Renzi, par exemple, avait chaleureusement félicité un Donald Trump à peine élu, alors que le ministre français des Affaires étrangères exprimait ses inquiétudes…

Je pense que l'actuel gouvernement français a des problèmes de vision de la réalité.

RT France : Il apparaît qu’aux Etats-Unis, ce résultat a surpris beaucoup de gens. Comment l'élection de Donald Trump a-t-elle été possible vu l’opposition à laquelle il a dû faire face ?

D. J. : La première surprise, qui aurait préparé celle de cette nuit, c’est déjà le fait que Donald Trump a été désigné par l’électorat républicain comme candidat à la présidentielle. Mais la leçon de ce qui s’est passé hier aux Etats-Unis, c’est que le fait d’avoir contre soi les médias, les gens «bien», l’intelligentsia et Hollywood n’est pas forcément un handicap, mais plutôt un avantage.

Le résultat traduit l’impopularité des élites installées : Hillary Clinton était soutenue par tout ce qui comptait, par tout ce qu’il y avait de «bien» aux Etats-Unis. Finalement, le type de campagne qu’a mené Donald Trump et le personnage qu'il a extériorisé tout au long de cette campagne ne lui ont pas nui comme cela aurait été le cas dans un pays plus apaisé et plus confiant dans son dirigeant.

On peut imaginer qu’il n’y aura pas de bouleversement dans les rapports entre l’Europe et les Etats-Unis

RT France : Récemment nous avons été témoins d’un autre évènement aussi inattendu que l’élection de Donald Trump, le Brexit. Peut-on s’attendre à ce que d'autres événements inattendus se produisent à l’avenir, notamment lors de la présidentielle du printemps prochain, en France ?

D. J. : C’est ce que j’allais vous dire. Avant le Brexit, il y avait eu le référendum de 2005 en France, rejetant le traité constitutionnel européen. Ce premier avertissement n’avait pas été pris au sérieux ni bien interprété pas la classe politique. Plus récemment, il y a eu en effet la victoire du Brexit, contrairement aux prévisions, ce qui a creusé le fossé entre le peuple et les élites au Royaume-Uni. Ce qui s’est passé hier laisse penser qu’en France, il peut y avoir un rejet semblable des grands partis et des candidats du gouvernement. Un certain nombre de choses semblent devenir possibles.

RT France : Qu’attendez-vous de ce nouveau président des Etats-Unis ? Les relations américano-européennes, comment vont-elles évoluer ?

D. J. : L’évènement qui vient de se passer montre à quel point il est difficile de prévoir les choses.

Mais ce que je peux constater, c’est que le président désigné Donald Trump a tenu un langage différent sur la forme et sur le fond de celui que tenait le candidat Donald Trump. On peut donc imaginer qu’il n’y aura pas de bouleversement dans les rapports entre l’Europe et les Etats-Unis. Mais l’une des conséquences de cette élection, c'est la fin du petit «âge glaciaire» qui se développe depuis quelque temps entre la Russie et les Etats-Unis. C’est-à-dire qu’on peut avoir une Amérique moins interventionniste et capable de retrouver des relations normales avec les pays européens et la Russie.

Lire aussi : Poutine à Trump : la Russie est prête à restaurer ses relations avec les Etats-Unis

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