Guet-apens des policiers : l’augmentation des effectifs ne règlera pas le problème

Guet-apens des policiers : l’augmentation des effectifs ne règlera pas le problème Source: Reuters

Une nouvelle attaque contre des CRS s'est produite le 31 octobre dans l'Essonne. Tombés dans un guet-apens tendu par une vingtaine d'assaillants, les forces de l’ordre ont été visées par des jets de projectiles. RT France se penche sur le phénomène.

«Cette technique des délinquants n’est plus une nouveauté, cela s’est déjà passé au cours de plusieurs événements», explique le secrétaire général du syndicat Alternative Police nationale, Denis Jacob. Pour lui il s’agit d’une augmentation réelle d’attaques contre les forces de l’ordre : il y a la volonté délibérée de la part des délinquants de s’en prendre à la sécurité, à la vie des policiers.

Pour le commissaire divisionnaire honoraire de la police nationale, délégué national à la sécurité de Debout la France, Eric Stemmelen, le phénomène des guet-apens est surtout lié aux bandes des banlieues qui créent un incident pour attirer les pompiers ou les policiers pour ensuite les attaquer. Il explique la recrudescence de ces attaques par la sentiment d’impunité chez les délinquants : «Les jeunes des banlieues sont en réaction avec tout ce qui représente les autorités et l’Etat», souligne Eric Stemmelen.

On ne répond pas à la violence par un surarmement et une surprotection des policiers

Les délinquants savent pertinemment que les policiers ne riposteront pas, parce que les textes relatifs à la légitime défense ne permettent pas aux fonctionnaires de police de faire usage de leurs armes, déplore Denis Jacob : «Les policiers préfèrent s’abstenir plutôt qu’utiliser leurs armes, et ensuite être placés en garde à vue et qu’on les considère non plus comme des victimes mais comme des auteurs», regrette-t-il.

Les annonces qui ont été faites par le ministre de l’Intérieur n’apportent que partiellement une réponse, estime Denis Jacob : «On ne répond pas à la violence par un surarmement et une surprotection des policiers. Le problème de fait, c’est la problématique des zones de non-droit, de la désertion des services publics dans des zones difficiles», martèle-t-il. Augmenter le nombre d’effectifs n’apportera pas non plus la solution au problème : «En 2008, on avait 105 000 agents, et le problème n’était pas réglé. On a eu des violences urbaines en 2005 et en 2007. Les prochains effectifs qui arriveront sur le terrain permettront de retrouver le même nombre qu’en 2008.»

«Ce n’est pas l’augmentation des effectifs des forces de l’ordre qui va résoudre le problème», ajoute également Eric Stemmelen. Il faudrait selon lui surtout augmenter le personnel administratif et remettre les policiers et gendarmes sur la voie publique car il y a des milliers de policiers employés à d’autres fonctions que celle de la sécurité des citoyens sur la loi publique.

Ce qui est également important c’est la réponse judiciaire : «Il  faut que les peines soient appliquées», souligne Eric Stemmelen qui déplore la non-exécution des peines de prison faute de surpopulation carcérale.

Mais pour Denis Jacob, la justice, elle aussi, manque considérablement de moyens. «C’est pourquoi il y a des policiers qui protestent aujourd’hui dans la rue», conclut-il.

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