Les athlètes olympiques russes disqualifiés à cause des «dires d’un informateur», pas du dopage

© Vitaliy Belousov Source: Sputnik

L'Agence mondiale antidopage (AMA) semble être incapable de remplir son devoir, à savoir lutter contre la triche parmi les athlètes, estime Ellis Cashmore, professeur de sociologie et expert du sport à l'Université d'Aston, au Royaume-Uni.

Le Comité international olympique (CIO) affirme que 271 athlètes russes sont admis aux Jeux de Rio suite à un examen final par un comité exécutif.

«271 athlètes de la liste initiale de 389 sportifs formeront l'équipe engagée par le Comité national olympique russe (CNOR)», a annoncé le CIO sur son site web, moins de 24 heures avant la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Rio qui se dérouleront du 5 au 21 août.

RT : La majorité de la délégation olympique russe participera aux Jeux de Rio. Cela peut-il être considéré comme une victoire ? Après tout, quelque 100 athlètes ne pourront pas participer.

Ellis Cashmore (E. C.) : Eh bien, pour les athlètes qui y participent, la préparation est loin d’être idéale, car jusqu'à aujourd'hui – soit 24 heures avant l’ouverture des Jeux – ils n’étaient pas sûr de pouvoir y participer. Donc, psychologiquement, ils pourraient être très perturbés, mais je suppose qu'ils seront également reconnaissants d’avoir une chance de gagner une médaille. En ce moment, j’imagine qu’ils ressentent du soulagement.

Le rapport commandé à Richard McLaren par l’AMA a été très laxiste dans la détermination de qui s’est dopé et qui ne l’a pas fait

RT : Le président du CIO a beaucoup parlé du fait qu’il faut être juste vis-à-vis des athlètes «propres». Pensez-vous que ce discours sera bien accueilli, au vu des demandes insistantes de certaines nations et des médias pour une disqualification de l’ensemble de la délégation olympique russe ?

E. C. : Les informations diffusées par ce journal australien sont très intéressantes et permettent de considérer cette affaire sous un angle tout à fait nouveau. Il laisse entendre que le rapport commandé à Richard McLaren par l’AMA a été très laxiste dans la détermination de qui s’est dopé et qui ne l’a pas fait, tout en identifiant mal certains athlètes. Cela a par la suite été aggravé par le fait que la plupart de ses conclusions ont été mal interprétées et par le fait que [la publication de ce rapport] a été si tardive que dans la pratique, le CIO ne pouvait pas réagir de façon positive.

Donc, si l’on essaie d’identifier le responsable de toute cette affaire, il semble que l'AMA a échoué à remplir sa mission, qui consiste à sanctionner les athlètes
qui trichent, les athlètes qui se dopent. Elle ne l'a pas fait. A la place, elle a fait confiance aux paroles d'un lanceur d’alerte, un informateur, et son enquête se base en vérité sur les déclarations d'un informateur, et non pas sur un contrôle antidopage.

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