Gilles Devers : pour Tsahal, «les Palestiniens ne sont pas des êtres humains»

La ville de Gaza après 50 jours de guerre en été 2014 © Mohammed Salem Source: Reuters
La ville de Gaza après 50 jours de guerre en été 2014

Les témoignages de 60 soldats qui ont participé à la guerre contre Gaza accablent Israël. D’après Gilles Devers, le but de la guerre à Gaza était de détruire l’infrastructure quelles que soient les pertes civiles.

L’analyste politique Gilles Devers a affirmé dans une interview accordée à RT que le rapport publié par l’organisation israélienne «Breaking the Silence» [Briser le silence] avait confirmé une utilisation excessive d’armes contre les populations civiles par Tsahal lors de l’opération «Bordure protectrice» menée à l’été 2014 dans la bande de Gaza.

«Leur rapport est très intéressant parce qu’il confirme toutes les observations que nous avions faites avec les Palestiniens depuis Gaza», a déclaré l’expert.

Gilles Devers a précisé que «le nombre des victimes civiles avec 2 000 morts est très parlant» et confirme qu’«effectivement qu’il ne s’agissait pas de poursuivre des buts militaires mais de détruire la société civile».

L’analyste politique a révélé que les zones civiles avaient essuyé des tirs importants et pour lui, il est évident que le but de la guerre était «de faire des destructions».

«Nous avons constaté des destructions systématiques de bâtiments, d’équipements collectifs. Donc, comme cette guerre n’ a pas de buts militaires, il faut régulièrement revenir à Gaza pour détruire la société civile et nous avons tous les éléments pour dire qu’effectivement le but de la guerre était de provoquer des destructions», estime Gilles Devers.

En juillet 2014, Tsahal a lancé une incursion terrestre pour détruire un réseau de tunnels transfrontaliers dans la ville du nord de Beit Hanoun. Le 17 juillet, on a tiré à la mitrailleuse sur les bâtiments et retrouvé par la suite des dizaines de civils morts à l’intérieur.

Gilles Devers a précisé dans que chaque guerre s'assujettissait à des règles : «ces règles sont extrêmement connues, elles sont universelles. Les plus fortes de ses règles relèvent de ce qu’on appelle le droit coutumier humanitaire international et une règle qui vient de la coutume s’impose à tous les Etats, et notamment aux Etats qui ne ratifient pas les traités, ce qui est  le cas d’Israël. Donc, ces règles s’appliquent à tous».

Le premier principe de ces règles est de procéder à l’identification des objectifs de guerre, ce qu’Israël a oublié de faire. «On doit distinguer les objectifs civils et les objectifs militaires. Et ce que décrit le rapport montre qu’il n’y a aucune distinction. On a choisi de cibler les civils», a-t-il indiqué.

Au lieu de s’y assujettir, l’armée israélienne impose ses propres règles «en disant quand il y a un tank, il y a autour de lui une zone de sécurité de 200 mètres». Si une personne entre dans cette zone, c’est à ses risques et périls.

«Si un Palestinien se trouve dans cette zone que ce soit un homme, une femme, un vieillard ou un enfant, c’est un terroriste et il peut être tué. Donc, il n’y a pas de respect de cette règle de distinction. C’est la même chose quand on détruit en visant des maisons ou des appartements alors qu’il n’y a aucun risque d’attaque venant de cette maison ou de cet appartement», poursuit Gilles Devers.

Gilles Devers a encore fait remarquer le caractère disproportionné de l’attaque israélienne. «La deuxième règle essentielle [… c’est qu’] il faut respecter certaines proportions, or quel est le bilan ? D’un côté 20 morts, , de l’autre côté 2 000. D’un côté, pratiquement pas de destructions matérielles et de l’autre une ville entière à refaire, un pays à refaire. Non, vraiment il n’y a aucune proportion dans l’attaque et c’est une seconde violation grave du droit international», a conclu Gilles Devers.

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