CGT : on ira jusqu'au bout pour faire descendre la production de courant nucléaire à zéro

Source: AFP

Les salariés de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine ont rejoint le mouvement de mobilisation nationale contre la loi travail. Jeudi 26 mai la deuxième centrale nucléaire de France cessera de produire de l'électricité.

Pour Didier Baur, chargé des questions européennes pour la fédération nationale des mines et de l’énergie, le but n'est pas de créer une pénurie mais de faire pression sur le gouvernement et le patronat.

RT France : Combien de personnes participent actuellement à la grève ?

Didier Baur (D. B.) : Ça varie selon les journées, parce qu’il y a des journées d’action d’appel national mais c’est une action qui se passe dans la continuité, c’est-à-dire que tous les jours il y a des actions, des personnes qui sont en grève par métier, donc il est assez difficile de définir le nombre de salariés qui sont en grève au niveau national. Nous avons à peu près 50% du personnel qui est en action, notamment lors des journées d’action d’appel national.

RT France : Pensez-vous que cela va créer une pénurie d'énergie ?

D. B. : Non je ne pense pas. Ce n’est pas notre but, parce que qui dit pénurie dit coupures ou black-out. On va se lancer surtout sur une baisse de production.

S’il n’y a qu’une seule centrale qui baisse sa production, qui la coupe, il n’y aura pas de pénurie dans l’immédiat

RT France : Est-il possible que la grève perturbe le fonctionnement du réacteur ?

D. B. : Oui. A la centrale qui est actuellement ciblée, celle de Nogent-sur-Seine, il y a déjà un réacteur qui est en arrêt pour des questions d’entretien mécanique et donc l’objectif de nos collègues pour la journée du 26 est de diminuer la production de cette centrale-là, la deuxième en France, de la faire baisser jusqu’à zéro. S’il n’y a qu’une seule centrale qui baisse sa production, qui la coupe, il n’y aura pas de pénurie dans l’immédiat. Ceci dit, pendant les mois qui suivent et notamment la dernière action qu’on a fait il y a quelques jours, il y a eu une baisse de charge nationale qui a été jusqu’à 13 000 mégawatts. Ce n’est pas une pénurie mais à chaque fois qu’il y a une baisse de production, cela pousse systématiquement les grosses industries à produire elles-mêmes leur électricité.

Une remise en cause des conventions collectives, des statuts est intolérable et c’est pour cela qu’on tiendra jusqu’au bout

RT France : Est-ce que vous allez faire la grève jusqu'à ce que vos exigences soient satisfaites ?

D. B. : Bien sûr. Je crois que nous n’avons plus le choix, parce que cette loi [loi travail, ndlr.] est néfaste pour l’ensemble des travailleurs. Ce n’est pas un problème qui touche uniquement le secteur de l’énergie, c’est un problème qui touche l’ensemble des salariés et des catégories professionnelles, tant dans le secteur public que dans le secteur privé. C’est une remise en cause des conventions collective, des statuts, notamment ceux de EDF-GDF, et cela est intolérable pour l’ensemble des travailleurs et pour les syndicats et c’est pour cela qu’on tiendra jusqu’au bout.

Notre objectif n'est pas de couper toute la France et les usagers. Ce que l’on veut atteindre c’est le gouvernement et le patronat par rapport à cette loi

RT France : Jusqu'où êtes-vous prêts à aller ?

D. B. : Créer des difficultés dans ce qui concerne la production sans pour autant risquer d’avoir un noir. Notre objectif n'est pas de couper toute la France et les usagers. Ce que l’on veut atteindre c’est le gouvernement et le patronat par rapport à cette loi. Donc on ira jusqu’au bout, quitte à descendre la production au plus bas que l’on pourra.

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