L’opération d’Ankara n’est qu’une répression de la population, selon un doyen de la politique turque

Des bâtiments endommagés lors d’affrontements entre les forces de sécurité turques et les militants kurdes dans la ville de Cizre en Turquie, le 2 mars 2016© Sertac Kayar Source: Reuters
Des bâtiments endommagés lors d’affrontements entre les forces de sécurité turques et les militants kurdes dans la ville de Cizre en Turquie, le 2 mars 2016

Ankara n'a pas épargné les civils lors de ses opérations anti-PKK, a déclaré Ertugrul Kurkcu, président honoraire du Parti démocratique populaire, le HDP. Il affirme que plus de 650 civils ont été tués lors des attaques, dont 97 enfants et 94 femmes.

La Turquie a lancé son opération militaire contre les régions du sud-est habitées principalement par des Kurdes en juillet 2015, suite à un certain nombre d'attaques terroristes dont le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) aurait été responsable. En décembre, les autorités turques avaient décrété un couvre-feu de 24 heures dans plusieurs villes kurdes afin «d'éviter des pertes civiles».

Le gouvernement turc prétend qu'il vise seulement «les terroristes du PKK», affirmant que plus de 360 ​​combattants kurdes ont été tués, rapporte le Daily Sabah. Amnesty International accuse la Turquie d’être responsable du meurtre d’au moins 160 civils.

RT : La Turquie dit qu'elle ne s'attaque qu’aux militants kurdes. Est-ce le cas et cela lui donne-t-il le droit de poursuivre cette opération ?

Même s’ils ciblent les combattants du PKK, de toute façon il devrait y avoir des lois et des règlements que le gouvernement turc devrait respecter

Ertugrul Kurkcu (E. K.) : Ceci est une répression non pas du PKK, mais de la population civile et des Kurdes qui soutiennent notre parti, qui défendent les droits des Kurdes. Ils ont été visés par cette répression. Les chiffres du gouvernement sont incorrects. D’après nos chiffres, jusqu'à ce jour, 652 civils ont perdu la vie pendant le couvre-feu dans les villes de Cizre, Silopi, Sirnak et Nusaybin. Et parmi ces [victimes], il y a 97 enfants et 94 femmes.

Admettons que tous ceux qui restent sont – comme le dit le gouvernement – des combattants du PKK. Alors, qu’en est-il de ces enfants et de ces femmes ? Avez-vous déjà vu des enfants combattants ? Avez-vous déjà vu des femmes combattantes âgées de 85 ans, de 60 ans ? Cela est inacceptable.

RT: En dépit d’informations faisant état de nombreux morts parmi les civils, la Turquie nie le fait qu’ils aient été pris pour cible. Est-ce vrai ?

Ceci est une attaque contre la société, contre l'humanité de ces personnes qui vivent dans ces zones

E. K. : Même s’ils ciblent les combattants du PKK, de toute façon il devrait y avoir des lois et des règlements que le gouvernement turc devrait respecter. Il y a le droit de la guerre, il y a le droit des conflits internes, il y a la Constitution. Ces couvre-feux ne reposent sur aucune réglementation ou législation turque. Ces couvre-feux sont illégaux.

Selon le droit turc, vous pouvez déclarer un couvre-feu en situation d'urgence ou de loi martiale. Mais ni la loi martiale, ni la situation d'urgence n’ont été décrétées dans le pays par Ankara. Les gouverneurs ont déclaré de façon arbitraire des couvre-feux de 24 heures... Ceci est une attaque contre la société, contre l'humanité de ces personnes qui vivent dans ces zones... Ils ont été ciblés comme des terroristes sans aucune preuve.

LIRE AUSSI : De violentes attaques tuent deux policiers et blessent 35 personnes au sud-est de la Turquie

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Enquêtes spéciales