Netanyahou au Congrès : l’Iran et l’EI se disputent le titre du premier militant islamique (VIDEO)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a exprimé son opposition au programme nucléaire iranien devant le Congrès américain, affirmant que le plus grand danger pour le monde était que des islamistes se procurent l’arme nucléaire.

Benyamin Netanyahou a été accueilli par les applaudissements assourdissants des membres du Congrès qui ont gagné en force lorsqu’il s’est installé à la tribune. «Je sais que mon intervention a suscité pas mal de controverses», a déclaré le Premier ministre israélien, en ajoutant qu’il «n’avait pas l’intention» de polémiquer.

Le Premier ministre a été invité par le président de la Chambre des représentants, le républicain John Boehner, qui a contourné la Maison Blanche et le département d’Etat, ce qui n’a pas été du goût de tout le monde dans la capitale américaine. Le président des Etats-Unis Barack Obama a refusé de rencontrer Netanyahou lors de sa visite alors que le vice-président Joe Biden et le secrétaire d’Etat John Kerry étaient tous les deux à l’étranger.

Mardi dans son discours, Benyamin Netanyahou a qualifié l’Iran de «sponsor principal du terrorisme» qui ne menace pas seulement Israël et le Moyen-Orient, mais le monde entier, y compris les Etats-Unis.

Nous devons «arrêter la marche iranienne de conquête, d'asservissement et de terreur», a ajouté le Premier ministre israélien en accusant l’Iran de contrôler les capitales moyen-orientales telles que Bagdad, Sanaa, Beyrouth et Damas.

Il a continué sa rhétorique hautement belliqueuse contre les négociations en cours entre l’Iran, les Etats-Unis et d’autres puissances mondiales sur le programme nucléaire de Téhéran qui respecte les termes du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, un traité qu’Israël est l’un des rares pays à ne pas avoir signé.

Le Premier ministre israélien a encore mis en garde contre les conséquences éventuelles, au Moyen-Orient et ailleurs, de la montée au pouvoir de l’Etat Islamique (EI) et de la nucléarisation de l’Iran. «La lutte entre l’Iran et l’EI ne fait pas nécessairement de l’Iran un allié de l’Amérique. L’Iran et l’EI se disputent le titre du premier militant islamique», a estimé Benyamin Netanyahou.

Selon lui, l’accord sur le programme nucléaire de l’Iran signifiera la prolifération des armes en toute légitimité. «C’est un mauvais accord, et nous ferons mieux de ne pas y consentir», a-t-il estimé.

En réponse à ces propos, un haut responsable de l’administration Obama a noté que Benyamin Netanyahou n’avait pas pu proposer d’alternatives réalistes aux négociations avec Téhéran.

«Une simple demande de capitulation complète de l’Iran n’est pas un plan d’action, aucun pays ne soutiendra cette position. Le Premier ministre n’a pas proposé de plan d’action concret», a dit le responsable, cité par l’agence Reuters.

En savoir plus : Des sénateurs américains boycottent le discours de Netanyahou

Le président américain Barack Obama a pour sa part estimé lundi qu’un accord avec l’Iran était toujours possible. Même si Téhéran «est toujours probablement enclin à refuser cet accord», les chances du succès sont aujourd’hui meilleures qu’il y a trois ou cinq mois, a confié le président Obama à Reuters.

En guise de protestation contre la venue au Congrès de Benyamin Netanyahou à quelques jours des élections législatives israéliennes et sans avoir obtenu l’aval de la Maison blanche, une cinquantaine de représentants démocrates et indépendants ont boycotté le discours du Premier ministre israélien.

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