Les tactiques dures de Cameron : bellicisme et bourdes politiques (VIDEO)

Le Premier ministre britannique David Cameron s'est fait un nom en soutenant plus de guerres à l’étranger, en particulier en Libye, en Syrie et maintenant en Ukraine. Mais bien souvent ce bellicisme s’est retourné contre la Grande-Bretagne.

L’Iran et les armes nucléaires

En 2010, Cameron a déclaré que l’Iran avait «des armes nucléaires» quand on lui a demandé pourquoi il soutenait la demande d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne.

Il a répondu que l’adhésion de la Turquie pourrait «aider à résoudre les problèmes mondiaux tels que le processus de paix au Proche-Orient, le fait que l’Iran possédait des armes nucléaires». Ce commentaire a été suivi par des excuses théâtrales lors d’une rencontre avec le président pakistanais Asif Ali Zardari.

Les appels de travail avec les Républicains concernant les sanctions contre l’Iran

David Cameron a aussi essayé de mettre la pression sur le Congrès américain à propos des sanctions contre l’Iran avant sa visite aux , mais les Républicains l’ont qualifiée de « tentative improductive ».

Le Premier ministre britannique a dû donner quelques explications lors de sa conférence de presse conjointe avec le président Obama, en déclarant qu’il n’avait pas dit «au Sénat américain ce qu’il devait faire ou ne pas faire», mais seulement défendu la position britannique.

Exploiter prématurément un succès en Libye

Le locataire du 10, Downing Street, a activement soutenu l’opération militaire en Libye en 2011.

«Je suis clair : prendre des mesures contre la Libye avec nos partenaires répond clairement à notre intérêt national», avait-t-il déclaré à l’époque. «Tous ceux qui pensent que Mouammar Kadhafi joue un rôle [en dirigeant le pays] doivent l’oublier».

En 2011, Cameron s’est rendu à Tripoli avec le président français d’alors Nicolas Sarkozy pour déclarer la victoire sur le régime de Mouammar Kadhafi, ce qui s’est avéré une célébration prématurée avec les rebelles.

Il a fait face à de sévères critiques après sa visite, lorsque les combats en  étaient encore très virulents. David Cameron est confronté a encore davantage de désapprobation après les attaques de l’Etat islamique qui ont tué 21 chrétiens coptes en Libye la semaine dernière.

«Les mesures que nous avons prises et la décision d’intervenir étaient internationales», a-t-il dit lors d’une interview récente en soulignant que la Libye ne devait pas devenir «un refuge pour les terroristes».

Le scénario de la Libye ne correspond pas à celui de la Syrie

En Syrie, Cameron était aussi en faveur de l’armement des rebelles pour essayer de renverser le président Bachar al-Assad.

En défendant les attaques contre le gouvernement syrien, il a admis qu’il n’était pas «absolument certain» que c’était Assad qui était responsable des attaques chimiques, mais que c’était «très probable».

«Ce n’est pas comme en , ce que nous voyons en Syrie est complètement différent…Nous n’envahissons pas le pays», a-t-il insisté.

Le vice-Premier ministre britannique Nick Clegg a attaqué la position de Cameron.

«Ce n’est pas comme en Irak et en Libye. C’est une guerre civile sanglante. L’idée que nous pouvons apporter une solution militaire unilatérale britanniqueest fantaisiste», a déclaré Nick Clegg critiquant les velléités d’engagement militaire du Premier ministre.

David Cameron a appellé la communauté internationale à s’engager plus étroitement aux côtés des rebelles syriens dès les premières étapes du conflit.

«Il faut faire tous les efforts possibles pour parvenir à une résolution du Conseil de Sécurité [de l’ONU] qui soutienne une intervention militaire avant qu’une telle action ne soit entreprise», a dit David Cameron dans son discours devant la Chambre des Communes en 2013. «Nous avons un résumé de la position du gouvernement qui montre qu’il existe une base légale évidente pour une intervention militaire».

Mais les efforts de David Cameron se sont révélés inefficaces, parce que les parlementaires britanniques ont exclu la participation de la Grande-Bretagne à une campagne militaire en Syrie. Tout le monde a encore en mémoire les erreurs commises en Libye.

S’opposer au boycott israélien

David Cameron s’est clairement prononcé envers les Palestiniens en s’abstenant de voter pour la reconnaissance de leur Etat devant le Parlement britannique.

Après ce vote, Cameron a critiqué les boycotts contre Israël.

«Nous sommes contre les boycotts. Il est faux de délégitimer l’Etat d’Israël, c’est odieux. Ensemble nous vaincrons.»

Echec de Gaza

David Cameron a dû faire face à une très forte pression exercée par les démocrates libéraux pour l’interdiction totale des ventes d’armes à Israël, après que des centaines de civils palestiniens ont été tués dans l’opération israélienne « Bordure protectrice ».

«Au sein de ce gouvernement de coalition, les Conservateurs ont adopté une approche moins directe par rapport au conflit du Moyen Orient, qui à mon avis risque d’affaiblir l’influence britannique dans la région», a affirmé le partenaire de sa coalition, Nick Clegg.

Engagement en Ukraine

En plein conflit en Ukraine, David Cameron a annoncé que les troupes britanniques soutiendraient les forces de Kiev en leur fournissant des renseignements tactiques, des entraînements et de la logistique.

En savoir plus : La Grande-Bretagne fournira une aide militaire «non létale» à l’Ukraine

«Quand nous pouvons fournir une aide non létale à un ami, nous devons le faire», a dit le Prmeier ministre britannique. «Durant le mois prochain, nous déploierons du personnel britannique qualifié pour fournir des conseils et des entraînements, y compris du renseignement tactique, de la logistique, des soins médicaux et d’autres choses qu’ils ont demandées».

La Grande-Bretagne «développera également un programme d’infanterie pour améliorer la compétence des soldats».

Plus de sanctions pendant le cessez-le-feu ?

En plus de cela, Cameron a appelé à davantage de sanctions contre la Russie. La position du Premier ministre britannique semble contrevenir aux actions des dirigeants français et allemands François Hollande et Angela Merkel qui essaient de résoudre le conflit de façon pacifique.

«Nous devons maintenir la pression [sur la Russie]», a dit David Cameron après les négociations de Minsk.

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