L’ONU doit décider de sanctions contre les rebelles yéménites

Le Conseil de sécurité des Nations unies Source: Reuters
Le Conseil de sécurité des Nations unies

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit voter sur la résolution des Etats arabes du Golfe qui veulent imposer un embargo sur la livraison d’armes aux rebelles yéménites. La Russie n’a pas pu imposer un embargo général pour toutes les parties au conflit.

Le projet de résolution soumis mardi au vote du Conseil de sécurité de  envisage un gel des avoirs et une interdiction de voyager pour Ahmed Saleh, l’ancien chef de la garde républicaine yéménite, et pour Abdul-Malik al-Houthi, un leader du groupe rebelle houthiste, de même que pour certaines autres personnalités qui contestent le régime de l’actuel président yéménite, selon une source diplomatique de Reuters.

Tous les individus concernés, ainsi que «ceux qui agissent en leur nom ou selon leurs instructions au Yémen», se verront opposer un embargo sur les armes, conformément aux mesures préconisées par la Jordanie et ses alliés du Golfe. La résolution appelle les voisins du  à inspecter toutes les cargaisons qui lui sont destinées. Mais, d’abord, elle demande que les rebelles houthis déposent les armes et se retirent des territoires conquis, en particulier de la capitale.

Le projet de résolution jordanien est en discussion parallèlement à un projet distinct présenté par la Russie et qui appelle à l’instauration d’une «une trêve humanitaire» dans les frappes aériennes effectuées par la coalition emmenée par l’Arabie saoudite. L’embargo général sur les armes visant toutes les parties au conflit yéménite, qu’avait proposé la  comme un amendement au projet de la résolution arabe, a été rejeté.

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La coalition des Etats arabes conduite par l’Arabie saoudite a lancé des frappes aériennes contre les milices houthies il y a quelques semaines, après que le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi a été forcé de fuir le pays et contraint de réclamer une intervention internationale pour rétablir son pouvoir.

Selon un rapport récent du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), plus de 1 000 personnes, dont un grand nombre de civils, ont été tuées dans les combats sur le terrain et lors des frappes aériennes. Des dizaines de milliers de Yéménites ont été forcés de fuir leurs maisons alors que les étrangers touchés par le conflit essayent de trouver un moyen pour quitter ce pays déchiré par la guerre.

Pendant ce temps, la Russie continue de mener des opérations internationale d’évacuation à partir du Yémen. Plus de 300 personnes ont quitté Sanaa, la capitale yéménite, à bord de deux avions russes dimanche et 300 autres personnes ont embarqué sur un navire russe dans le port d’Aden à destination de Djibouti.

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Selon l’ambassade russe à Djibouti, 18 citoyens américains et six citoyens britanniques, dont des enfants et des bébés, étaient à bord du navire.

L’escalade des hostilités et le chaos croissants au Yémen ont donné à Al-Qaïda la possibilité d’augmenter sa présence dans cette région en s’invitant dans les combats.

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Selon le chef du Service fédéral de sécurité national de la Russie, Nikolaï Patrouchev, les perspectives du Yémen, l’un des pays les plus pauvres du monde arabe, restent sombres car il risque non pas de se transformer en «une nouvelle Somalie», mais en un véritable «Etat pirate».

La coalition emmenée par l’Arabie saoudite n’a jamais été sanctionnée par le Conseil de sécurité de l’ONU, mais elle a entamé ses frappes aériennes avec le consentement de , a encore confié Nikolaï Patrouchev au journal Izvestia, soulignant les politiques américaine et européenne du deux poids deux mesures dans ce conflit.

«On peut établir une analogie avec la situation en Ukraine, quand le président élu Viktor Ianoukovytch a également été contraint de fuir, d’abord Kiev et ensuite le pays», a déclaré le chef du Service fédéral de sécurité nationale de la Russie. Dans le cas ukrainien, la communauté internationale n’a pas appelé à une intervention militaire pour rétablir le régime de Viktor Ianoukovytch, mais elle a immédiatement déclaré qu’il avait perdu sa légitimité, a-t-il fait remarquer.

«Je voudrais mettre en relief cette politique claire du deux poids deux mesures que les Etats-Unis avec le supposé public "progressif" utilisent traditionnellement pour évaluer des événements similaires», a ajouté Nikolaï Patrouchev.

Au milieu de cette vacance du pouvoir,  a appelé lundi à la formation d’un nouveau gouvernement yéménite.

«J’ai eu le privilège de participer à la conférence de Bonn quand nous avons créé le gouvernement afghan. En fait, nous ne l’avons pas fait, les Afghans l’ont fait…nous pouvons le faire au Yémen aussi», a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

Accusé d’aider et de soutenir secrètement les rebelles chiites, Téhéran proclame n’avoir jamais octroyé de soutien militaire aux rebelles houthistes. Au contraire, l’Iran appelle plutôt à mettre fin aux frappes aériennes de la coalition conduite par l’Arabie saoudite qui détruisent l’infrastructure du pays et tuent les civils.

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«Des ponts sont bombardés, des usines sont bombardées, des hôpitaux ; cela ne peut qu’ancrer l’animosité. Donc, nous avons besoin d’y mettre fin», a poursuivi le ministre iranien des Affaires étrangères.

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