Intervention aérienne au Yémen : l’Iran demande l’ONU d’arrêter le massacre (VIDEO)

Après un raid aérien au Yémen Source: Reuters
Après un raid aérien au Yémen

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir Abdollahian s’est adressé au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon pour lui demander de faire tout son possible pour que les raids aériens meurtriers sur le Yémén cessent.

La coalition arabe avec l'Arabie Saoudite à la tête poursuit les bombardements contre les Houthis malgré les appels de  à arrêter les frappes.

37 morts civils rien qu'à Al Hudaydah, un port important à l’ouest du Yémen. Les frappes ont porté notamment sur une usine laitière. Les environs du Palais présidentiel et la caserne des gardes républicains, qui ont embrassé la cause des Houthis, ont également essuyé des bombardements à Sanaa. La capitale yéménite a perdu 14 habitants. Les bombardements récents ont fait 51 morts et plus de 100 blessés au total.

Carte des affrontements et des frappes au Yémén
Carte des affrontements et des frappes au Yémén

«La situation au  est très inquiétante, des dizaines d’habitants ont été tués au cours de quatre derniers jours», a noté Zeid Ra'ad Al Hussein.

«Il semble que le pays est au bord de l’effondrement total», a-t-il noté.

L’ONU a évacué tout son personnel de la capitale yéménite de Sanaa hier, soit 100 personnes.

Les missions diplomatiques britannique, turque et indonésienne ont quitté le Yémen pour l’ Arabie Saoudite, a confié une source dans le gouvernement yéménite.
La mission indienne, un peu plus tôt, a été évacuée de la capitale. La Chine, le Pakistan et l’Inde ont aussi évacué leurs ressortissants.  

Le chef de la diplomatie yéménite Riad Yassine a demandé une intervention terrestre que Ryad, pour l’instant, ne juge pas nécessaire, selon les dires d'Ahmed Assiri,  porte-parole de la coalition dirigée par .

Le président officiel Abd Rabo Mansour Hadi, qui est en exil en Arabie Saoudite, se refuse à toute discussion avec les rebelles houthis et demandent leur capitulation.

L’Arabie saoudite, tout en appelant les deux parties au conflit interne yéménite au dialogue, poursuit à bombarder les positions des Houthis, ce qui fait du mal à la sécurité de la région en général, a dit l’expert renommé en géopolitique Jean-Bernard Pinatel lors d’une interview accordée à la chaîne RT.

Pinatel estime que le chaos au Moyen-Orient a été provoqué d’abord par l’intervention américaine en  en 2003, puis par le «printemps arabe».

«Le Moyen-Orient, qui était une région en plein développement, a connu du fait de l’intervention américaine en Irak au début des années 2000 et de ce qu’on a appelé à tort "le printemps arabe" […] un chaos total», a-t-il indiqué.

Un dialogue des deux parties «doit se tenir sous l’égide du Conseil de coopération du Golfe, sous condition de préservation de la légitimé présidentielle et de rejet des tentatives de s'y opposer», lit-on dans une déclaration saoudienne.

L’opération militaire «Tempête décisive» des forces coalisées menées par l'Arabie saoudite contre les rebelles chiites houthis au Yémen a commencé dans la nuit du 25 au 26 mars. 10 pays sunnites y compris l’Egypte, le Maroc et les Émirats arabes unis participent à la coalition avec pour but de renverser le gouvernement issu de l’insurrection houthiste.

Le Yémen est déchiré par une guerre civile entre les forces rebelles shiites basées à Sanaa et le gouvernement sunnite qui se trouve dans la ville portuaire d’Aden. Le président du Yémen, après avoir quitté le pays, a été accueilli à Ryad, capitale de l'Arabie saoudite. Téhéran, malgré les accusations occidentales et saoudiennes, nie apporter un soutien militaire à Sanaa. 

Bombardements au Yémen : Daesh et Al-Qaïda ne sont pas visés

Le Téhéran a qualifié l’offensive militaire  de la coalition arabe au Yémen d’acte d’«agression étrangère» et a appelé à la reprise des négociations de paix. Cependant, l’Arabie saoudite prétend que les rebelles yéménites sont soutenus directement par l’Iran. L’ancien diplomate américain James Jatras estime que l’opération arabe est incohérente.

Selon lui, «le Yémen, indépendamment de la question de deux Yémen - il y a le Yémen du nord et l’ancien Yémen du sud - est une société compliquée où plusieurs forces rivalisent. Les Houthis sont les représentants d’un islam shiite qui diffère de l’islam iranien».

James Jatras estime que l’amitié des Houthis avec l’Iran est surestimée ainsi que la mesure dans laquelle l’Iran leur fournit un soutien.

«Vous pouvez voir , l’Etat islamique là-bas. Ils sont censés être des grands ennemis que Washington doit repousser. Et je ne vois pas les Saoudiens les bombarder, je vois qu’ils bombardent les Houthis qui combattent contre Al-Qaïda et Daesh. Est-ce que c’est logique ? Est-ce que cela a un sens ? », s'est-il demandé.

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