Syrie : El-Assad attend des gestes concrets des Etats-Unis

Le président syrien Bachar el-AssadSource: RIA NOVOSTI
Le président syrien Bachar el-Assad

Le président syrien Bachar el-Assad a déclaré qu’il attendait des indications concrètes de la volonté des Etats-Unis à entamer un véritable dialogue visant à résoudre le conflit syrien.

Le secrétaire d’Etat  a déclaré dimanche que les Etats-Unis étaient prêts à négocier avec Damas.

«Nous continuons à suivre les commentaires, et nous attendons des actes pour prendre une décision», a dit le président el-Assad à une chaîne syrienne lundi, saluant tout changement de position éventuel «qui mettrait fin au soutien logistique, financier et militaire aux terroristes».

«Toute évolution internationale dans ce cadre est une chose positive si elle témoigne d'une intention honnête et a de l’effet sur le terrain», a-t-il dit.

Cependant, «les négociations sur l’avenir du président syrien… [sont] l’affaire du peuple syrien et les déclarations de l'extérieur ne nous inquiètent pas», a-t-il ajouté.

Le commentateur politique Alaa Ibrahim a dit à RT que le gouvernement syrien comprenait qu’à un certain point, l’Occident devrait négocier avec Bachar el-Assad mais que la question du sujet des négociations restait ouverte.

Dimanche, le secrétaire d’Etat John Kerry a dit à CBS que les Etats-Unis négocieraient avec le gouvernement syrien.

En savoir plus : John Kerry : nous devrons négocier avec Bachar el-Assad

«Nous devons négocier», a dit John Kerry. «Mais pour que le régime d’el-Assad négocie, nous devrons lui dire clairement que toutes les parties sont clairement déterminées à trouver une solution et à changer leurs calculs sur les négociations».

Néanmoins, le département d’Etat n’a pas semblé soutenir John Kerry. La porte-parole Marie Harf a dit lundi qu’un dictateur aussi violent comme Bachar el-Assad n’avait pas d’avenir en Syrie et a déclaré que l’idée des négociations n’avait pas été proposée en référence à el-Assad.

La porte-parole Jen Psaki a clarifié qu'«on avait toujours besoin que des représentants du régime d’el-Assad fassent partie» des négociations. «Mais il n'est pas question d'une participation d'el-Assad en personne et il n'en sera jamais question. Ce n’est pas ce que le secrétaire Kerry a voulu dire».

Les autorités américaines demandent depuis longtemps une démission inconditionnelle d’el-Assad, prétendant que son pouvoir est illégitime. Depuis le début du conflit, une grande partie de la Syrie a été envahie par Daesh et d’autres groupes terroristes. Daesh a été renforcé au fil du temps par des dizaines de factions rebelles dont certaines étaient soutenues à l’époque par les pays occidentaux.

Mais Washington, malgré la tournure qu’ont pris les événements, veut toujours envoyer plus d’armes en  en équipant ceux qu’il appelle les combattants «modérés» luttant pour un changement de régime.

Cependant, quelques spécialistes comparent la situation actuelle en Syrie avec celle en Lybie après le renvoi de Mouammar Kadhafi en déclarant qu'il vaudrait mieux soutenir Bachar el-Assad en tenant compte de la montée de Daesh et d’autres combattants.

 «La situation deviendrait même pire si Bachar el-Assad était renversé, et je crois que beaucoup de hauts responsables américains en sont conscients, mais c’est encore trop tôt pour Kerry et Obama pour dire clairement que «nous, les Etats-Unis, devons envoyer des représentants pour négocier avec le gouvernement de Bachar el-Assad», a annoncé à RT Jonathan Steele, chroniqueur pour la rubrique Affaires étrangères du quotidien The Guardian.

Depuis septembre dernier, la coalition présidée par les Etats-Unis procède à des frappes aériennes en Syrie dans le cadre d’efforts conjoints pour lutter contre les combattants de l’Etat islamique en  et au nord de la Syrie. Le président el-Assad a plusieurs fois souligné que les frappes étaient une intervention illégale vu qu’elles n’ont pas été autorisées par une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU et ne respectaient pas la souveraineté de la Syrie.

La Syrie est en guerre civile depuis plus de quatre ans et il semble n’y avoir aucune issue aux souffrances, au chaos et à la terreur subie par la population. Selon certaines estimations, il y a eu 220 000 morts et des millions de déplacés et quatre Syriens sur cinq vivraient désormais en dessous du seuil de pauvreté. Les nouvelles images satellites de la Syrie montrent que plus de 80% des lumières du pays qui étaient visibles pendant la nuit ont disparu. La moitié des enfants ne sont pas scolarisés depuis deux ans, alors que près de 4 600 écoles ont été endommagées ou détruites.

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