Tortures de la CIA en Lituanie : les parlementaires renoncent à ouvrir une commission d'enquête

La devise de la CIA Source: AFP
La devise de la CIA

Le corps législatif lituanien a décidé de ne pas entamer une nouvelle enquête sur les tortures que la CIA aurait secrètement perpétrées dans le pays malgré les révélations accablantes du rapport publié il y a trois mois par le Sénat américain.

«Nous n’envisageons pas de nouvelle enquête parlementaire parce qu’il n’y a plus assez de soutien de la part des membres du parlement», a annoncé vendredi à Reuters Loreta Grauziniene, présidente du parlement lituanien.

Les soupçons concernant un éventuel centre de détention secret de la  près de Vilnius actif entre 2004 et 2006 ont fait l’objet d’une enquête parlementaire en 2009-2010. Il en est ressorti que la CIA a bien exploité des vols internes et internationaux en Lituanie et qu'elle a pu utiliser jusqu'à deux installations secrètes à des fins «d'interrogations améliorées». La commission d'enquête s'était cependant abstenue de présenter les choses de manière affirmative, invoquant un refus des autorités américaines de coopérer à la vérification des faits.

Aucun pays n'a été nommé dans le rapport du Sénat américain sur les prisons secrètes de la CIA publié en décembre 2014. Cependant, les descriptions du centre identifié comme «Violet» par les sénateurs coïncident étroitement avec le premier rapport du parlement lituanien. Arvydas Anusauskas, le législateur qui a mené l’enquête, a estimé que le rapport du Sénat documente de manière «convaincante» les pratiques de détention de la CIA en Lituanie. Le Premier ministre Algirdas Butkevicius espère à son tour qu’il y aura une autre enquête parlementaire et que l’information sera «partagée et échangée».

L’ex-président Valdas Adamkus, cependant, a annoncé aux médias locaux qu’il continue à croire qu’«il n’y a pas eu de prisons ou de prisonniers en Lituanie», et que cela sera son avis tant qu'il ne verra pas «les documents de ses propres yeux» pour lui prouver qu’il a tort.

Il n’y a pas eu d’autres explications par rapport à la décision de vendredi de ne pas rouvrir l'enquête. Pendant ce temps, les soldats et les blindés de l'OTAN continuent à s'amasser en Lituanie, en Estonie et en Lettonie en vue de «dissuader» l'agresseur russe présumé.

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Les programmes de détention secrets de la CIA en Lituanie et la complicité de Vilnius avec ces pratiques ont été dénoncés par des groupes de défense des droits de l’homme mécontents de la réticence des autorités locales à enquêter sur le sort de Abou Zoubaydah et Moustafa al-Hawsawi, anciens prisonniers du camp de Guantánamo qui affirment avoir été détenus et torturés dans le pays balte.

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