La maison d'une famille palestinienne détruite par la police israélienne à Jérusalem

- Avec AFP

Ruines d'une maison dans le quartier de Sheik Jarrah, Jérusalem, le 19 janvier 2022.© Ahmad GHARABL Source: AFP
Un membre des forces israéliennes devant les ruines de la maison de la famillle Salhiya, le 19 janvier 2022.
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La police israélienne a rasé la maison d'une famille palestinienne à Jérusalem-Est le 19 janvier, après l'avoir évacuée. Ces derniers étaient menacés d'expulsion depuis 2017, et auraient occupé illégalement les lieux d'après la municipalité.

Après de multiples tentatives, la police israélienne a détruit le 19 janvier avant l'aube la maison d'une famille palestinienne dans le quartier sensible de Cheikh Jarrah, devenu le symbole de la lutte contre la colonisation israélienne à Jérusalem-Est.

Des policiers se sont rendus au domicile de la famille Salhiya, menacée d'expulsion depuis 2017 et sujet d'une campagne de soutien dans les Territoires palestiniens et à l'étranger, et ont évacué ses membres, selon une vidéo mise en ligne par la police. Un photographe de l'AFP a ensuite constaté la démolition de la maison à Cheikh Jarrah, quartier palestinien situé à Jérusalem-Est, partie orientale de la Ville Sainte occupée depuis 1967 puis annexée par Israël. Elle a été détruite par une pelle mécanique, selon des témoins.

«Au cours de la nuit, la police a mis en œuvre l'ordre d'expulsion de bâtiments illégaux sur un terrain prévu pour une école destinée à des enfants demandant des soins particuliers à Jérusalem-Est», a indiqué la police dans un communiqué, ajoutant que la famille Salhiya avait refusé à «plusieurs reprises [de] consentir à rendre ce terrain».

Le 17 janvier, à l'arrivée des policiers pour une tentative de les expulser, des membres de la famille Salhiya s'étaient retranchés avec un baril d'essence sur le toit de leur maison, menaçant de s'immoler s'ils étaient forcés de quitter les lieux. Des négociations avaient suivi pour éviter des violences et la famille à déposé une requête auprès de la Cour suprême pour annuler l'ordre d'expulsion de la municipalité. On ignore dans l'immédiat si la Cour a rendu une décision.

Des centaines de familles palestiniennes menacées d'expulsion

Au cours de son opération nocturne, la police a indiqué avoir mené 18 arrestations. Des policiers étaient toujours sur place, au pied des ruines tôt le matin. La famille Salhiya est menacée d'éviction depuis 2017, le terrain sur lequel se trouvait leur maison ayant été alloué pour la construction d'une école. Les groupes de défense de cette famille estiment que l'école pourrait être construite ailleurs en ville. 

En mai, des manifestations de soutien à des familles palestiniennes menacées d'expulsion à Cheikh Jarrah avaient dégénéré en heurts avec la police et des colons israéliens, des protestations qui avaient provoqué une nouvelle flambée de violences meurtrières entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, territoire palestinien sous blocus israélien.

A Jérusalem-Est, des centaines de familles palestiniennes présentes depuis des décennies sont confrontées à des ordres d'expulsion au profit de colons juifs. Sept familles ont déjà fait appel à la Cour suprême contre des avis d'expulsion.

Une ambivalence juridique sur un «droit de propriété» rétroactif

Quelque 210 000 Israéliens sont installés à Jérusalem-Est dans des colonies illégales au regard du droit international. Israël considère toute la ville de Jérusalem comme sa capitale, alors que les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

D'après la loi israélienne, si des juifs peuvent prouver que leur famille vivait à Jérusalem-Est avant la guerre de 1948 et la création de l'Etat d'Israël, ils peuvent demander à ce que leur soit rendu leur «droit de propriété». Une telle loi n'existe toutefois pas pour les Palestiniens ayant perdu leurs biens. Et les familles palestiniennes assurent avoir légalement acheté leurs propriétés aux autorités jordaniennes, qui ont contrôlé Jérusalem-Est de 1948 à 1967.

Cependant, selon la maire adjointe de Jérusalem, Fleur Hassan-Nahoum, le cas des Salhiya est «une tout autre histoire» : la famille occupe illégalement un terrain qui ne lui a jamais appartenu, a-t-elle affirmé, assurant que la municipalité l'avait acheté «à des propriétaires arabes» afin d'y construire une école.

Le statut de Jérusalem est l'une des questions les plus épineuses du conflit israélo-palestinien qui dure depuis plus d'un demi-siècle, alors que les négociations de paix entre les protagonistes sont au point mort depuis plusieurs années. La communauté internationale n'a jamais reconnu l'annexion de Jérusalem-Est.

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