La Russie pose son veto à l'ONU contre une résolution liant climat et sécurité internationale

- Avec AFP

La Russie pose son veto à l'ONU contre une résolution liant climat et sécurité internationale© John MINCHILLO Source: AFP
La Russie a posé son veto contre une résolution sur le dérèglement climatique le 13 décembre 2021 (image d'illustration).
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Une résolution déposé au Conseil de sécurité de l'ONU avait pour but d'établir un lien entre le dérèglement climatique et la sécurité dans le monde mais a été bloquée par le veto russe. La Russie a estimé que le cas par cas devait prévaloir.

La Russie a mis le 13 décembre, au Conseil de sécurité des Nations unies, son veto à un projet de résolution du Niger et de l'Irlande établissant un lien générique entre le dérèglement climatique et la sécurité dans le monde, soutenu par une majorité de membres de l'ONU. Le texte, qui a eu la faveur de 12 des 15 membres du Conseil, demandait au secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres d'«intégrer les risques de sécurité liés au climat en tant qu'élément central dans les stratégies globales de prévention des conflits des Nations unies».

L'Inde, sans droit de veto, a aussi voté contre, jugeant que le réchauffement climatique n'était pas lié à un problème de sécurité internationale mais de développement économique. La Chine s'est abstenue.

La résolution réclamait aussi au chef de l'ONU un rapport avant deux ans «sur les implications pour la sécurité [...] des effets néfastes du changement climatique» sur les dossiers gérés par le Conseil, et des recommandations sur la manière dont ces risques peuvent être traités. Une demande de nommer un émissaire dédié avait été retirée récemment par les rédacteurs du texte afin de favoriser une acceptation de Moscou. 

La représentante permanente d'Irlande à l'ONU, Geraldine Byrne Nason, avait souligné le 13 décembre avant le vote que le projet de texte était «un premier pas modeste». «Nous avons besoin de mieux comprendre ce lien [entre climat et sécurité] et nous devons l'examiner globalement», avait-elle estimé. Son homologue du Niger, Abdou Abarry, a dénoncé après le vote la «myopie» des opposants au texte proposé.

Le 9 décembre, le président du Niger, Mohamed Bazoum, était venu à l'ONU plaider en faveur de la résolution. «Il est grand temps pour le Conseil, dans le cadre de son mandat de prévention, de prendre en compte les risques sécuritaires liés au changement climatique en tant qu'élément supplémentaire de notre architecture de paix et de sécurité», avait-il dit.

Une résolution «inacceptable» pour la Russie

Le représentant permanent russe à l'ONU, Vassily Nebenzia, avait alors rejeté toute saisie transversale du Conseil de sécurité sur cette thématique et a redit le 13 décembre que la résolution était «inacceptable». «Pour nous, le lien direct entre le terrorisme et le changement climatique est loin d'être évident», a-t-il dit, en refusant une résolution qui «créerait la confusion et les doublons» avec d'autres forums traitant du réchauffement climatique.

La Russie ne conteste pas cette évolution mais «il faut examiner chaque pays et chaque région individuellement. Les démarches génériques et automatiques pour se pencher sur les causes de conflit détournent le Conseil de sécurité du règlement de ces problèmes», a répété le représentant russe.

Pour le Niger, dont le texte était co-parrainé par 113 des 193 membres de l'Assemblée générale de l'ONU, le Conseil de sécurité doit se doter «d'une approche intégrée et coordonnée, en vue d'un renforcement de sa capacité à comprendre l'impact du changement climatique». «[Ceci] sur la base d'une analyse approfondie des risques actuels et futurs, de façon à formuler des recommandations pertinentes orientées vers l'action», avait précisé Mohamed Bazoum.

La France avait aussi estimé qu'il y avait un «lien évident» entre le réchauffement de la planète et la sécurité, alors que l'accès à l'eau, la pénurie alimentaire ou l'insécurité climatique permettent aux «groupes armés de prospérer» en profitant de la vulnérabilité des populations. Antonio Guterres avait également jugé que «si le changement climatique n'[était] pas la source de tous les maux, il [avait] un effet multiplicateur et [était] un facteur aggravant d'instabilité, de conflit et de terrorisme».

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