Royaume-Uni : un fournisseur de tests Covid qui revend l'ADN de ses clients mis sous enquête

Royaume-Uni : un fournisseur de tests Covid qui revend l'ADN de ses clients mis sous enquête© Carl RECINE Source: Reuters
Une infirmière du Little stars childcare tient un écouvillon après avoir réalisé un test Covid-19 à Newcastle-under-Lyme, au Royaume-Uni, le 15 février 2021 (image d'illustration)
Suivez RT France surTelegram

Un grand fournisseur de tests Covid-19 fait l'objet d'une enquête de la part de l'organisme britannique de protections des données privées. En cause : la vente éventuelle d'écouvillons contenant l'ADN de ses clients à des entreprises privées.

Au Royaume-Uni, un grand fournisseur de tests Covid-19 fait l'objet d'une enquête de la part de l'Information commissioner's office (ICO), l'organisme public en charge de la surveillance de l'utilisation des données personnelles. Une démarche qui fait suite à un défaut de consentement de ses clients concernant l'utilisation qui est faite de leurs données, en particulier la vente d'écouvillons contenant leur ADN.

Selon The Times, Cignpost Diagnostics – un fournisseur agréé par le gouvernement britannique et opérant sous le nom d'ExpressTest – a déclaré qu'il avait l'intention d'analyser les échantillons pour «en savoir plus sur la santé humaine», afin de développer des médicaments et des produits ou pour vendre des informations à des tiers.

Les lois britanniques sur la protection des données exigent l'obtention d'un consentement éclairé pour traiter les données personnelles des individus concernés, mais les clients réservant des tests Covid-19 sur expresstest.co.uk n'auraient pas été clairement informés que leurs données seraient utilisées à des fins autres que le dépistage du coronavirus. 

Le commissaire adjoint de l'ICO Steve Wood s'est exprimé en ces termes : «Il n'y a pas de données personnelles plus sensibles que notre ADN. Les gens doivent être informés de ce qu'il en advient de manière claire, ouverte et honnête, afin qu'ils puissent décider en toute connaissance de cause.»

Une «compensation» pour le partage d'informations avec des entreprises privées

Toujours selon le quotidien britannique, la «fiche d'information sur le programme de recherche» de Cignpost indique que l'entreprise conserve des données comprenant «des échantillons biologiques [...] et l'ADN obtenu à partir de ces échantillons», ainsi que «des informations génétiques dérivées du traitement de votre échantillon d'ADN [..] à l'aide de diverses technologies telles que le génotypage et le séquençage du génome entier ou partiel».

L'entreprise combine ces données avec des «données sur la santé et les caractéristiques signalées par les clients eux-mêmes» – telles que les informations partagées volontairement par les clients sur leurs antécédents médicaux – et «les informations qu'[elle obtient] d'autres sources, telles que les informations démographiques accessibles au public». Cignpost indique également pouvoir partager les échantillons d'ADN des clients, et d'autres informations personnelles avec des «collaborateurs» travaillant pour l'entreprise ou non – y compris des universités et des entreprises privées. Un «partage» pour lequel l'entreprise «peut recevoir une compensation».

«Nos conditions générales n'autorisent pas, et n'ont pas l'intention d'autoriser, l'utilisation des échantillons ou des données ADN des clients à d'autres fins que les tests Covid-19», indique cependant le site ExpressTest.

Le nombre d'échantillons stockés par Cignpost n'est pas connu, et on ne sait si ceux-ci ont d'ores et déjà été vendus ou utilisés à des fins de recherche. The Times précise cependant que l'entreprise indique que les données de toutes les personnes ayant fourni un prélèvement sont conservées indéfiniment, et qu'aucun âge minimum n'est précisé – ce qui laisse penser que les enfants sont également concernés.

Cignpost est par ailleurs agréé par le gouvernement britannique pour les tests effectués avant le départ et à l'arrivée des voyageurs internationaux, par exemple dans les aéroports londoniens de Gatwick et Heathrow. L'entreprise aurait également fourni des tests au tournoi de tennis de Wimbledon, aux championnats européens de golf PGA et à un club de football de Premier League, ainsi qu'à la BBC, à Netflix et à Amazon.

La société aurait fourni jusqu'à trois millions de tests depuis sa création en juin de l'année dernière et facture ses tests PCR entre 35 et 120 livres Sterling (entre 41 et 142 euros).

Raconter l'actualité

Suivez RT France surTelegram

En cliquant sur "Tout Accepter" vous consentez au traitement par RT France de certaines données personnelles stockées sur votre terminal (telles que les adresses IP, les données de navigation, les données d'utilisation ou de géolocalisation ou bien encore les interactions avec les réseaux sociaux ainsi que les données nécessaires pour pouvoir utiliser les espaces commentaires de notre service).

En cliquant sur "Tout Refuser", seuls les cookies/traceurs techniques (strictement limités au fonctionnement du site ou à la mesure d’audiences) seront déposés et lus sur votre terminal. "Tout Refuser" ne vous permet pas d’activer l’option commentaires de nos services.

Pour activer l’option vous permettant de laisser des commentaires sur notre service, veuillez accepter le dépôt des cookies/traceurs « réseaux sociaux », soit en cliquant sur « Tout accepter », soit via la rubrique «Paramétrer vos choix».

Le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Vous pouvez modifier vos choix via la rubrique «Paramétrer vos choix».

OK

RT France utilise des cookies pour exploiter et améliorer ses services.

Vous pouvez exprimer vos choix en cliquant sur «Tout accepter», «Tout refuser» , et/ou les modifier à tout moment via la rubrique «Paramétrer vos choix».

Pour en savoir plus sur vos droits et nos pratiques en matière de cookies, consultez notre «Politique de Confidentialité»

Tout AccepterTout refuserParamétrer vos choix