La classe politique française réagit à la crise migratoire à la frontière de l'UE

La classe politique française réagit à la crise migratoire à la frontière de l'UE© Leonid Shcheglov Source: AP
Des migrants tentent de franchir la frontière entre la Biélorussie et la Pologne près de Grodno, en Biélorussie, le 8 novembre 2021.
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Les autorités polonaises, soutenues par la Lituanie, ont dénoncé un afflux de migrants se dirigeant ce 8 novembre depuis la Biélorussie vers leurs frontières. La crise migratoire a suscité de nombreuses réactions parmi la classe politique française.

L'escalade des tensions frontalières se poursuit entre la Pologne et la Biélorussie. Les autorités polonaises, soutenues par la Lituanie, ont dénoncé un nouvel afflux de migrants qui se dirigeaient ce 8 novembre depuis la Biélorussie vers leurs frontières. Dans une conférence de presse organisée le même jour, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a accusé la Biélorussie de vouloir faire passer des migrants en situation irrégulière à travers sa frontière avec la Pologne.

Plus tôt dans la matinée, le porte-parole de l'Agence de sécurité intérieure polonaise avait publié une vidéo sur Twitter, censée montrer «un important groupe de migrants» qui «se dirige vers la frontière de la République de Pologne».

En France, la crise migratoire n'a pas manqué de faire réagir les personnalités politiques françaises, de droite comme de gauche. Marine Le Pen a estimé que «tout doit être fait pour venir en aide à la Pologne, confrontée à une véritable agression migratoire». La candidate RN à la présidentielle a également appelé la France à «immédiatement envoyer des effectifs de la police aux frontières et soutenir les Polonais abandonnés par l’UE».

L'eurodéputé RN, Nicolas Bay, est quant à lui allé à la rencontre des garde-frontières lituaniens déployés à la frontière avec la Biélorussie. Il a ainsi pu inspecter la clôture mise en place pour empêcher les migrants de franchir la frontière. Sur son compte Twitter, Nicolas Bay a salué un exemple de «vraie coopération européenne», la barrière étant cofinancée par l’Estonie et la Slovénie.

Quant à Valérie Boyer, la présidente du groupe d'amitié France/Pologne au Sénat, elle a souhaité exprimer sa solidarité avec la Pologne «face à ce chaos migratoire qui perdure». «La France doit être solidaire et faire preuve de fermeté à l'entrée de l'Europe», a-t-elle ajouté.

A gauche, la tonalité est sans surprise totalement différente. L'eurodéputé Raphael Glucksmann qui est aussi fondateur du parti européen Place Publique, a également réagi à l'afflux de migrants à la frontière avec la Pologne. Pour ce dernier, cette crise serait le résultat «d’une offensive planifiée de A à Z par un pantin du régime russe tant aimé par l’extrême droite».

Thomas Portes, le porte-parole du parti Génération·s fondé par Benoit Hamon, dénonce l'action de «deux gouvernements d’extrême-droite [qui] organisent une zone de non-droit pour tendre volontaire un piège à des milliers de réfugiés».

Pour rappel, l'UE accuse la Biélorussie, d'orchestrer la crise migratoire en représailles aux sanctions imposées par Bruxelles. C'est également l'avis de l'OTAN, qui a jugé ce 8 novembre «inacceptable» la manière dont Minsk «utilise» les migrants, qui seraient notamment originaires d'Irak ou de Syrie. Le chef d'Etat biélorusse, Alexandre Loukachenko assure quant à lui, que du fait des sanctions occidentales, son pays n'a «ni l'argent ni la force» de restreindre l'afflux de migrants.

Selon les dernières données, plus de 30 000 personnes ont tenté de se rendre illégalement de la Biélorussie vers la Pologne depuis le début de l'année. En réponse, le président polonais Andrzej Duda a instauré l'état d'urgence à la frontière, mobilisant pour l'occasion des milliers de soldats et policiers. Le parlement polonais a également validé le projet de construction d'un mur de plus de 100 kilomètres, pour un coût de 353 millions d'euros, mur que l'UE a refusé de financer.

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