Le Venezuela exige des «excuses» de la part de la diplomatie de l'Union européenne

- Avec AFP

Le Venezuela exige des «excuses» de la part de la diplomatie de l'Union européenne© Frederick Florin Source: Reuters
Le chef de la politique étrangère de l'UE, Josep Borrell, le 5 octobre 2021, à Strasbourg (image d'illustration).
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Le Conseil National Electoral vénézuélien a exigé des excuses de la part de Josep Borrell, chef de la diplomatie de l'Union Européenne. Ce dernier avait affirmé qu'il revenait à l'UE de déterminer la légitimité des futures élections au Venezuela.

Le président du Conseil national électoral (CNE) vénézuélien a exigé le 10 octobre des «excuses» de la part de Josep Borrell, le chef de la diplomatie de l'Union européenne qui a affirmé le 8 octobre que la légitimité des élections régionales de novembre dépendrait du rapport de la mission d'observation de l'UE. 

«J'ai demandé à ce qu'on sollicite publiquement une explication. Non seulement une explication, mais des excuses au peuple vénézuélien», a affirmé Pedro Calzadilla, à la tête du CNE depuis le mois de mai et ministre sous les présidences de Hugo Chavez et Nicolas Maduro.

Les déclarations de Borrell mettent en péril la mission d'observation décidée par le Venezuela et l'UE

«Monsieur Borrell a non seulement dit que la mission venait soutenir un clan politique [...] mais aussi que la légitimité des élections dépendrait du rapport qu'ils réaliseraient», a ajouté le président du CNE lors d'une présentation à la presse de l'organisation des bureaux de vote.

Josep Borrell avait expliqué le 8 octobre à des journalistes : «Si toute l'opposition, y compris le parti de Juan Guaido [leader de l'opposition] se présente, je crois qu'il faut qu'on les accompagne, parce que c'est une meilleure garantie pour eux que nous supervisons le système.» Répondant à une question sur la mission, Josep Borrell avait assuré : «Ce qui légitimera ou "illégitemera" [l'élection] sera le rapport de la mission, ce qu'ils [les experts] diront après avoir été sur le terrain.»

«C'est une alarme. Aucun pays n'autoriserait la présence d'une mission électorale dont le chef, son leader, ses autorités affirment publiquement qu'ils viennent au Venezuela soutenir une partialité politique. Personne ne l'accepte», a insisté Pedro Calzadilla, rappelant que l'Union européenne avait signé un accord qui «régule la présence de la mission». «Toute chose qui met en péril les principes de cet accord m'oblige [...] à voir ce qui se passe. Rien n'est absolument définitif», a-t-il conclu.

Caracas et l'UE se sont mis d'accord pour une mission d'observation des élections municipales et régionales du 21 novembre. 

Le gouvernement du président Nicolas Maduro est engagé depuis août dans un dialogue avec l'opposition dirigée par Juan Guaido, qui s'était autoproclamé président du pays en janvier 2019. Les principaux parti d'opposition ont rompu avec leur stratégie de boycott des dernières années (présidentielle 2018 et législatives 2020) pour notamment intégrer le CNE.

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