Un ancien membre des Brigades rouges réclamé par l'Italie arrêté à Paris

- Avec AFP

Un ancien membre des Brigades rouges réclamé par l'Italie arrêté à Paris© Stéphane de SAKUTIN Source: AFP
Intérieur d'une chambre de la cour d'appel de Paris (image d'illustration)
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L'ancien membre des Brigades rouges Maurizio di Marzio, mouvement armé ayant sévi en Italie dans les années 1970 et 1980, a été arrêté le 19 juillet malgré l'expiration du mandat d'arrêt émis contre lui. Son avocate a dénoncé une vengeance politique.

Maurizio di Marzio avait échappé au printemps au coup de filet historique visant dix militants d'extrême gauche réclamés par l'Italie pour terrorisme : cet ancien membre des Brigades rouges, qui pensait avoir bénéficié de la prescription, a été arrêté le 19 juillet à Paris après un revirement de la justice italienne.

Virage historique dans les relations entre les deux pays, ces arrestations d'Italiens ayant refait leur vie en France, depuis parfois plus de 30 ans, avaient été largement saluées en-deçà des Alpes mais bien plus discutées dans l'Hexagone, où leurs soutiens dénoncent «une vengeance politique».

Arrêté malgré l'expiration de son mandat d'arrêt

Le 28 avril, sept d'entre eux avaient été interpellés à leur domicile, deux autres s'étaient présentés d'eux-même le lendemain et un seul manquait à l'appel : Maurizio di Marzio, restaurateur parisien de 61 ans, avait disparu. Arrivé en France au début des années 1990, après avoir purgé six années de prison pour une tentative d'enlèvement terroriste en 1982, il avait déjà été arrêté en 1994, mais la procédure d'extradition s'était interrompue. Sa fuite fin avril s'expliquait notamment par l'expiration du mandat d'arrêt émis contre lui, prévue pour le 10 mai, soit moins de deux semaines après les arrestations dont l'imminence avait été annoncée dans la presse italienne.

Selon plusieurs sources proches du dossier, il n'était plus activement recherché par les autorités françaises compte tenu de cette prescription. Mais le 8 juillet, la cour d'appel de Rome a finalement jugé que le mandat n'était pas prescrit, conduisant logiquement à son arrestation le 19 juillet, ont indiqué à l'AFP des sources judiciaire et proches du dossier. 

«Un recours a été intenté en Italie contre cette décision» a indiqué son avocate, Me Irène Terrel. «La prescription italienne, c'est l'Arlésienne», a-t-elle ironisé, dénonçant le fait qu'une «règle de droit, qui s'applique à tous, suive des aléas politiciens». Elle conteste toute fuite de son client et affirme avoir «proposé qu'il se rende de lui-même aux autorités françaises».

Du côté italien, Matteo Salvini s'est félicité de l'arrestation de Maurizio di Marzio : «Grande satisfaction et félicitations pour l'opération. En espérant qu'il n'y aura pas quelque radical chic qui protestera contre l'arrestation», a ainsi tweeté le chef de la Ligue le 19 juillet.

Le député Marco di Maio (Italia Viva, centre-gauche), s'est montré plus laconique en se contentant de déclarer sur son compte Twitter : «L'ancien brigadier Maurizio Di Marzio, qui a échappé à l'opération en avril, vient d'être arrêté à Paris. La France a ainsi extradé tous les criminels demandés par notre pays, fruit de la collaboration fructueuse entre les gouvernements italien et français actuels.»

«J'ai changé», plaide Maurizio di Marzio, ancien membre des brigadiers rouges

Placé le 19 juillet en rétention judiciaire, l'ex-activiste doit être présenté d'ici à 48 heures à la cour d'appel de Paris, qui doit décider de son éventuelle détention provisoire ou d'une remise en liberté sous contrôle judiciaire, le temps de la procédure prévue pour s'étaler sur plusieurs années.

Maurizio di Marzio est réclamé par son pays pour l'exécution du reliquat – cinq ans et neuf mois – d'une peine de 14 ans de réclusion, prononcée notamment pour son rôle dans la tentative d'enlèvement en 1982 d'un vice-préfet de police de Rome, Nicola Simone, grièvement blessé dans l'attaque.

Je n'ai jamais tué personne

«J'ai fait des tas de choses stupides et je ne les referais pas, mais j'ai changé», avait déclaré Maurizio di Marzio il y a quelques années au magazine italien Panorama. «J'ai déjà passé six ans en prison. Je n'ai jamais tué personne», avait ajouté ce patron d'un restaurant italien à Paris, s'affirmant «persécuté» par les autorités de son pays.

Quant aux neufs autres anciens activistes, sept hommes et deux femmes âgés de 63 à 77 ans et libres sous contrôle judiciaire, ils ont comparu les 23 et 30 juin devant la cour d'appel de Paris, uniquement chargée d'examiner la validité des demandes d'extraditions.

Lors de la première audience, dans une ambiance parfois tendue, Me Irène Terrel, avocate de sept des dix anciens militants, dont la figure Marina Petrella, avait fustigé un «dossier éminemment politique», fruit «d'arrangements entre Etats».

Rejoignant la défense, le parquet général a réclamé pour chaque cas qu'un «complément d'information» soit demandé à l'Italie, compte tenu des lacunes des dossiers : condamnations partiellement transmises ou traduites, explications incomplètes des réformes pénales italiennes sur le procès en l'absence des accusés, question de la prescription, etc. La cour devrait rendre sa décision le 29 septembre.

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