Présidentielle au Pérou : Castillo en tête du second tour, selon de nouveaux résultats partiels

Présidentielle au Pérou : Castillo en tête du second tour, selon de nouveaux résultats partiels© Gerardo Marin Source: Reuters
Des partisans de Keiko Fuimori le 6 juin 2021 à Lima au Pérou (image d'illustration).
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D'après l'organisme électoral péruvien, le candidat de gauche Pedro Castillo devance pour le moment sa rivale de droite Keiko Fujimori avec 50,31% des voix. Ce résultat porte sur 98% des bureaux et le décompte final pourrait prendre plusieurs jours.

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  • L'instituteur Pedro Castillo, qui se présente comme le candidat des pauvres, a revendiqué la victoire après le dépouillement de plus de 99% des bulletins. Selon le décompte officiel il possédait ce 9 juin près de 74 000 voix d'avance.

    Au coude-à-coude, sa rivale de droite libérale, Keiko Fujimori, conteste cette avance et a demandé l'invalidation de quelque 200 000 bulletins de vote devant le tribunal électoral.

    L'Office national des processus électoraux (ONPE) n'a toujours pas officiellement proclamé les résultats.

    Dans la soirée du 9 juin, Pedro Castillo était crédité de 50,2% des suffrages et Keiko Fujimori de 49,7%, avec un écart représentant 73 839 voix.

    Des centaines de partisans du candidat de gauche se sont rassemblés devant les bâtiments du Jury national des élections, l'organe de contrôle des scrutins au Pérou. «Nous sommes là de manière préventive pour que les votes contestés soient correctement vérifiés», a expliqué à l'AFP l'un d'entre eux, Juan Gustavo Diaz. 

    Des partisans de Keiko Fujimori se sont également rassemblés pour soutenir leur candidate.

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Selon les derniers résultats partiels de l'organisme électoral péruvien (ONPE), le candidat de gauche Pedro Castillo est désormais en tête du second tour de la présidentielle face à sa rivale, la candidate de droite libérale, Keiko Fujimori, fille de l’ancien président Alberto Fujimori (1990-2000), destitué en 2000 pour «incapacité morale». Annoncé dans un premier temps en seconde position, Pedro Castillo a progressivement refait son retard sur sa concurrente avant de la dépasser d'une courte tête. Il obtient 50,31% des voix contre 49,69% pour Keiko Fujimori. Ce décompte porte sur près de 98,3% des 86 488 bureaux de vote du pays. 

Toutefois, en raison du faible écart entre les deux candidats, rien ne permet de tirer des conclusions définitives pour le moment et le décompte final pourrait prendre plusieurs jours.

«Nos votes n'ont pas encore été comptés», a d'ailleurs déclaré Pedro Castillo à ses partisans rassemblés devant son local de campagne de la ville de Tacabamba.

De son côté, à Lima, Keiko Fujimori a appelé à la «prudence» jusqu'à la fin du décompte des voix. Elle a également dénoncé, le 7 juin lors d'une conférence de presse, après avoir vu son rival la dépasser, des «indices de fraudes» et «une série d'irrégularités».

Un scrutin crucial pour le pays

Lors du premier tour du scrutin le 11 avril, Pedro Castillo était arrivé en tête à la surprise générale face à sa rivale de 46 ans, députée de 2006 à 2011, qui a déjà passé 16 mois en détention provisoire pour blanchiment d'argent présumé dans l'affaire Odebrecht, du nom du géant brésilien du bâtiment qui a reconnu avoir versé des pots-de-vin dans plusieurs pays latino-américains.

Le parquet a récemment requis 30 années de prison contre Keiko Fujimori dans cette affaire. Une peine qu'elle ne purgera pas si elle est élue présidente puisqu'elle ne pourra être jugée qu'à l'issue de son mandat de cinq ans.

Alors que le candidat de la gauche avait 20 points d'avance à la sortie du premier tour, l'écart s'est considérablement resserré à une semaine du scrutin avec 42% des intentions de vote pour Pedro Castillo, contre 40% pour Keiko Fujimori, selon une enquête de l'Institut Ipsos réalisée fin mai.

Dans un pays où le vote est obligatoire sous peine d'amende, une grande partie de la population se rend aux urnes à contrecœur, estimant le choix insatisfaisant. Selon le journaliste indépendant Romain Migus présent sur place, «celui ou celle qui gagnera sera élu par l'antivote».

Ce spécialiste de l'Amérique latine explique que le vote contre Keiko Fujimori, «très fort au début de la campagne du second tour,» s'est peu à peu atténué par la campagne anti-communiste menée par la candidate libérale. Keiko Fujimori et ses partisans n'ont en effet pas cessé d'agiter le chiffon rouge, affirmant que le candidat de gauche allait transformer le Pérou en une sorte de Corée du Nord ou de Venezuela, et mener le pays à la ruine et à la dictature.

Après le soulèvement populaire de novembre 2020 pour protester contre les agissements du Parlement et la succession de trois présidents en dix jours, cette présidentielle était attendue pour mettre fin à une instabilité politique chronique dans le pays qui a aussi connu six ministres des Affaires étrangères en un an.

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