La Belgique, premier fournisseur de recrues à Daesh par habitant, selon les Nations-Unies

La Belgique, premier fournisseur de djihadistes en Europe.© Yves Herman Source: Reuters
La Belgique, premier fournisseur de djihadistes en Europe.

La Belgique voit ses citoyens partir rejoindre Daesh en Syrie et en Irak plus que tout autre Etat européen, tandis que sur place, les terroristes paient les recruteurs jusqu'à 10 000 dollars pour chaque nouvelle recrue, révèle l'ONU.

«Le nombre de combattants étrangers belges serait le plus élevé d'Europe par habitant parmi ceux qui voyagent pour rejoindre les conflits à l'étranger, notamment en Syrie et en Irak», a déclaré l'expert des droits humains Elzbieta Karska, qui dirige le Groupe de travail des Nations Unies sur l'utilisation de mercenaires, après une enquète de cinq jours sur les processus de recrutement de combattants belges par Daesh.

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D'où viennent les combattants étrangers de Daesh ?
D'où viennent les combattants étrangers de Daesh ?

Le Groupe estime que plus de 500 recrues belges sont partis  à l'étranger pour se battre aux côtés des djihadistes depuis 2010. Selon les experts, 207 Belges sont entrés en Syrie, tandis que 62 se sont vu refuser l'entrée dans le pays, 128 sont retournés en Belgique et 77 sont morts au combat.

L'équipe de l'ONU a également révélé que 46 combattants ont été poursuivis en justice. Tous sont liés à l'organisation Sharia4Belgium.

«Les profils des combattants étrangers sont variés, avec une moyenne d'âge d'environ 23 ans et moins», a noté Karska, ajoutant que les femmes rejoignent les djihadistes en nombre «de plus en plus important».

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Un sentiment d'appartenance à l'idéologie du groupe teroriste et une volonté d'acceptation par ce dernier, les convictions religieuses, mais également la volonté d'échapper à un passé criminel et à des poursuites judiciaires dans leur pays de résidence, sont les raisons les plus courantes qui poussent les nouvelles recrues à partir, expliquent les experts.

L'équipe explique que les recrutements se font à travers les réseaux de la famille et des amis et avec l'aide des médias sociaux. Les recruteurs en Syrie sont également grassement rémunérés en fonction du nombre de personnes qu'ils sont en mesure de recruter.

Ainsi, Elzbieta Karska affirme que le groupe de travail a établi que chaque recruteur pouvait toucher «de 2000 à 10 000 dollars», selon la qualité du combattant recruté. 

«Si la recrue vient d'un milieu aisé ou prestigieux, qu'il s'agit d'un spécialiste, un informaticien ou un médecin, le recruteur est payé beaucoup plus», explique la membre du groupe, Patricia Arias.

L'équipe de l'ONU a demandé à Bruxelles de développer une «vision nationale inclusive et d'action sur la question des combattants étrangers», selon le communiqué de presse.

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