Une Française, fille de gendarme, recruteuse star de Daesh

Les femmes occupent parfois un rôle dans la stratégie de l'Etat islamique. Source: Reuters
Les femmes occupent parfois un rôle dans la stratégie de l'Etat islamique.

Emilie König, ressortissante française a été ajoutée mardi par Washington à sa liste de "combattants terroristes étrangers". Cette fille de gendarme est devenue une propagandiste phare de l’Etat islamique.

Preuve que les jihadistes viennent de tous les milieux. Agée de 31 ans, Emilie König est la dernière d’une famille de quatre. Un père dans les forces de l'ordre, une scolarité normale et une conversion à l’islam effectuée dans le cadre de son mariage avec un homme d’origine algérienne emprisonné pour trafic de drogue. Aujourd'hui, la jeune femme, si elle ne porte pas les armes, joue un rôle clé au sein de l'Etat islamique.

L’art d’embriguader

«C'est une personnalité dans la communauté jihadiste, elle est très active sur les réseaux sociaux, sert à la propagande et au recrutement de volontaires.» Voici le CV d’Emilie König, établit par un responsable de la lutte anti-terroriste. Selon le Département d’Etat américain, la jeune femme aurait «ordonné à des individus d'attaquer des institutions gouvernementales françaises».

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Cette inscription vient ponctuer une carrière déjà riche. Il y a un an, le 23 septembre 2014, son nom avait été ajouté par les Nations unies à sa liste des personnes associées à Al Qaïda en Irak, et faisant ainsi l'objet de sanctions internationales et d'interdictions de voyager.

Une radicalisation progressive

Proche de son mari, elle apprend l'arabe, se fait appeler Samra, se voile entièrement et, au contact du groupe islamiste nantais Forsane Alizza, commence sa radicalisation. En 2010, portant le niqab, elle est repérée près de la mosquée de Lorient, où elle tente de distribuer des tracts appelant au jihad.

En 2012, elle se familiarise déjà avec le réseau social Youtube. Convoquée au tribunal de Lorient, elle s'y présente en niqab et refuse de se dévoiler. La scène provoque une altercation avec un vigile qu’elle postera sur la plate-forme vidéo dénonçant une discrimination.

Les choses s’accélèrent lorsqu’elle abandonne, la même année, ses deux enfants pour se rendre en Syrie et rejoindre son époux. Son départ fait d’elle une pionière. Elle est l’un des premiers ressortissants français à avoir franchi la frontière turque pour prendre part au jihad en Syrie.

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Depuis, la jeune femme a fait son petit bonhomme de chemin et apparaît régulièrement dans des vidéos de propagande. Le 31 mai 2013, l'une d'elles est mise en ligne la montrant poser avec un fusil à canon scié et mimant de s’entraîner au tir. Dans une autre, postée un mois plus tard, elle adresse un message à ses enfants restés en France : «N'oubliez pas que vous êtes musulmans.» Selon elle, «le jihad ne cessera pas aussi longtemps qu'il y aura des ennemis à combattre».

Une excitée

Dans le collimateur des services de renseignements, elle est surprise en train d'appeler ses contacts en France pour les inciter à monter des attaques contre les institutions françaises, ou de s'en prendre aux femmes de soldats français déployés notamment au Mali.

Une source proche du dossier la décrit comme «une excitée», qui aurait proclamé sa volonté de commettre un attentat suicide, même si «ces gens-là sont souvent dans le déclamatoire».

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