Reprise du processus de paix pour la Syrie à Sotchi... Où en est-on ?

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En l'absence des Etats-Unis, une réunion sur la Syrie rassemble, à Sotchi, le gouvernement syrien et l'opposition, l'ONU, la Russie, l'Iran et la Turquie. Dix ans après le début de la guerre, les chantiers politiques et sécuritaires restent nombreux.

Organisée dans la ville de Sotchi, la 15e rencontre internationale dans le cadre du format d’Astana sur la Syrie a lieu ces 16 et 17 février 2021. Les différentes délégations ont entamé des entretiens à huis clos dans le cadre de cette réunion multilatérale, qui doit se solder par une conférence de presse dans la journée.

Les délégations russe, iranienne et turque sont respectivement conduites par Alexandre Lavrentiev (envoyé spécial du président russe pour la Syrie), Ali-Asghar Khaji (assistant principal du ministre iranien des Affaires étrangères) et Selcuk Unal (directeur du ministère turc des Affaires étrangères pour la Syrie). Damas est représenté par son ministre adjoint des Affaires étrangères, Ayman Soussan.

Comme lors des précédentes éditions, des membres de l'opposition syrienne sont également présents ainsi que des représentants de pays observateurs tels que l'Irak, la Jordanie et le Kazakhstan. Figure en outre parmi les participants, la délégation onusienne menée par l’envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies en Syrie, Geir Pedersen. Le dirigeant onusien, comme le rapporte l'agence russe TASS, doit s'entretenir le 18 février à Moscou avec le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov afin d'établir un bilan de la reprise du processus de paix. 

L'invitation russe déclinée par les Etats-Unis 

Invité par la Russie à prendre part aux discussions, les Etats-Unis, présents militairement sur le terrain – Washington appuie notamment les Forces démocratiques syriennes (FDS) à dominante Kurde – ont en revanche décliné l'invitation. «A l'heure actuelle, les Américains s'occupent de leurs affaires intérieures et, de toute évidence, n'ont pas encore défini leur politique sur le volet syrien», a déclaré Alexandre Lavrentiev lors d'un point presse en ouverture de la réunion multilatérale, faisant allusion à la très récente arrivée de l'administration Biden aux affaires. 

Dans la foulée, en réponse à une question posée par RT sur un éventuel changement de la politique américaine en Syrie, le représentant russe a déploré «l’influence exercée sur les Kurdes par les États-Unis», regrettant que ceux-ci se soient installés «illégitimement» dans le nord de la Syrie. Il a néanmoins formulé le souhait de voir les Etats-Unis abandonner «leur position ferme de pression maximale sur la Syrie et [ajuster] leur position».

Pour l'heure, le président américain n'a pas montré signe d'une volonté de changement radical de la politique américaine vis-à-vis de la Syrie. Pour rappel, en décembre 2016, alors que Joe Biden occupait le poste de vice-président sous la mandature de Barack Obama, les Etats-Unis avaient entre autre levé la fin des restrictions sur l'aide militaire aux forces étrangères en Syrie, contre le gouvernement de Bachar el-Assad et au risque de laisser proliférer les différents groupes islamistes présents sur le terrain. 

Processus politique, lutte contre le terrorisme : des chantiers encore inachevés 

Au menu des discussions de cette rencontre trône en bonne place le sujet portant sur les travaux du Comité constitutionnel, dont la cinquième session tenue fin janvier à Genève n'a guère débouché sur des résultats tangibles. Geir Pedersen n'avait d'ailleurs pas caché son mécontentement face aux blocages. 

«J'ai dit aux 45 membres du groupe restreint que nous ne pouvons plus continuer comme ça, que cette semaine a été une déception», avait-il alors déclaré selon l'AFP. Toujours selon la même source, le diplomate norvégien avait confié aux journalistes que les délégués n'avaient «même pas su se mettre d'accord sur de nombreux points de méthodologie pour poursuivre cette réunion». 

Si l'aboutissement du processus politique demeure un défi de taille pour l'ensemble des acteurs impliqués, la lutte conte le terrorisme en est un autre. Malgré la sécurisation de nombreux pans de territoire à la faveur de leur reconquête par l'armée syrienne, les attaques terroristes se poursuivent dans les zones libérées par Damas. Ainsi, le 30 janvier dernier, une attaque terroriste revendiquée par Daesh dans la province orientale de Deir Ezzor a fait 25 morts et 13 blessés.

La situation dans la zone de désescalade à Idleb, dans le nord-ouest, est par ailleurs au centre des inquiétudes : au cours des dernières semaines, le territoire, où soldats russes et turcs patrouillent dans le cadre de l'accord de cessez-le feu, a également été secoué par une série d'attaques terroristes.

Par ailleurs, la situation entre les différents acteurs étatiques de la région reste tendue avec des interventions régulières des forces israéliennes en territoire syrien, mais également avec la campagne menée par la Turquie contre les différents groupes kurdes.

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