Espagne : condamné pour des tweets, un rappeur arrêté après s'être barricadé dans une université

Espagne : condamné pour des tweets, un rappeur arrêté après s'être barricadé dans une université© AFP / J. MARTIN
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Le 16 février, le rappeur Catalan Pablo Hasél (à droite) est arrêté par la police à l'Université de Lérida (Catalogne) où il avait trouvé refuge.
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La police catalane a évacué Pablo Hasél, qui s'était réfugié dans l'université de Lérida pour éviter sa peine de prison. Le rappeur a été condamné pour des tweets visant la monarchie et les forces de l'ordre, soulevant une vive polémique en Espagne.

Le rappeur espagnol Pablo Hasél, âgé de 33 ans et condamné à 9 mois de prison ferme pour des tweets attaquant la monarchie espagnole et les forces de l'ordre, a été arrêté le 16 février dans la matinée par les policiers catalans.

Barricadé avec des sympathisants dans une université

Depuis le 15 février, l’homme s’était réfugié dans l’université de Lérida (aussi appelée université de Lleida en langue catalane) en Catalogne. Il s'y était barricadé avec une dizaine de sympathisants souhaitant empêcher son arrestation. Immédiatement après son interpellation, le rappeur a été conduit dans un centre pénitentiaire afin qu’il purge sa peine conformément à la décision judiciaire, selon l'AFP.

L’opération de police, qui a été lancée le 16 février à 6h30, s'est déroulée dans une ambiance tendue et a duré plusieurs heures, en raison de la résistance des sympathisants qu’il a fallu évacuer un par un. La veille, Pablo Hasél avait publiquement signalé ses intentions sur son compte Twitter : «Je suis enfermé dans l'université de Lérida […] avec suffisamment de personnes solidaires. Ils devront user de la force pour entrer, m'arrêter et m'incarcérer.» Interrogé par l’AFP le 12 février par téléphone, l'artiste avait aussi déclaré : «Ils devront venir m'enlever et cela servira aussi à dépeindre l'Etat sous son vrai visage, celui d'une fausse démocratie». 

Alors qu'il était escorté par les policiers, le rappeur a notamment crié : «Ils ne nous arrêteront pas, ils ne nous feront jamais plier, malgré toute la répression ! [...] C’est l'Etat fasciste qui m'arrête. Mort à l'Etat fasciste !» 

La police, de son côté, a évoqué une «opération destinée à faire respecter la décision judiciaire», comme l’a fait remarquer un porte-parole de la police régionale catalane. 

Auteur: RT France

Les forces de l'ordre insultées de «mercenaires de merde»

Pablo Hasél (de son vrai nom Pablo Rivadulla Duró) avait jusqu'au 12 février pour se rendre volontairement en prison pour y purger sa peine. L’homme a été reconnu coupable d'apologie du terrorisme, ainsi que d'injures et calomnies à l'encontre de la couronne et de l'Etat à la suite de tweets dans lesquels il qualifiait notamment les forces de l'ordre espagnoles de «mercenaires de merde» tout en les accusant de procéder à des actes de torture et d'assassinat. Comme le rappelle le Courrier international, le rappeur s’en prenait également à la monarchie à travers l’une de ses chansons.

Cette arrestation a provoqué des remous dans les sphères politiques et médiatiques du pays, à plus forte raison à l'approche des élections régionales en Catalogne qui avaient lieu le 14 février. A Madrid et Barcelone, ces dernières semaines, plusieurs manifestations en soutien à Pablo Hasél ont eu lieu alors que plus de 200 personnalités du monde culturel ibérique, dont le réalisateur Pedro Almodóvar et l'acteur Javier Bardem, ont signé une tribune en sa faveur. Les signataires du texte affirmaient notamment que la condamnation de Pablo Hasél constituait une «épée de Damoclès» au-dessus de tous les artistes tout en accusant l'Etat espagnol d'agir comme «la Turquie ou le Maroc». 

La porte-parole de l'exécutif María Jesús Montero, avait ainsi reconnu la semaine dernière «un manque de proportionnalité» dans la peine infligée au rappeur. Face à la gronde d'une partie de la population, le gouvernement avait dans la foulée promis «une réforme» pour que les «excès verbaux commis dans le cadre de manifestations artistiques, culturelles ou intellectuelles» ne relèvent plus du droit pénal et ne se traduisent plus par des peines de prison. Partenaire des socialistes au sein du gouvernement, le parti de gauche radicale Podemos a ouvertement dénoncé l'arrestation de Pablo Hasél. «Tous ceux qui se considèrent progressistes et se vantent de la pleine normalité démocratique [de l'Espagne] devraient avoir honte. Vont-ils fermer les yeux ? Il n'y a pas de progrès si nous ne voulons pas reconnaître les manques démocratiques actuels», a tweeté Podemos.

A la suite de son arrestation, le compte de soutien «Llibertat Pablo Hasél» a appelé à un rassemblement sur la place de la Cathédrale de Lérida le 16 février à 19h pour protester contre l’arrestation du rappeur. A Barcelone, le rendez-vous est fixé à 19h sur la place de Lesseps. 

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