Italie : le technicien Mario Draghi à la tête d'un gouvernement d'union nationale

- Avec AFP

Italie : le technicien Mario Draghi à la tête d'un gouvernement d'union nationale© REMO CASILLI Source: Reuters
Mario Draghi est le nouvel homme fort de l'Italie (image d'illustration prise à Rome, le 12 février 2021).
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L'ex-président de la BCE a pris les rênes de l'Italie après s'être assuré une large majorité parlementaire. Il a présenté son gouvernement qui doit sortir le pays d'une crise politique doublée de la pandémie. Une union nationale solide ?

Mario Draghi a officiellement accepté le 12 février au soir le poste de Premier ministre, annonçant dans la foulée la composition de son gouvernement, des politiques et technocrates nommés en pleine crise épidémique pour réussir la vaccination de masse et surmonter la dépression économique en Italie.

L'ex-président de la Banque centrale européenne (BCE), choisi par le président de la République Sergio Mattarella pour succéder à Giuseppe Conte, contraint à la démission après l'éclatement de sa coalition, a choisi un homme de confiance, Daniele Franco, pour le ministère-clé de l'Economie.

Daniele Franco, 67 ans, considéré comme l'un des meilleurs experts des finances publiques de la péninsule, a fait l'essentiel de sa carrière au sein de la Banque d'Italie, dont Mario Draghi était gouverneur, jusqu'à en devenir le numéro deux début 2020.

Le ministère du Développement économique, d'un grand poids, revient pour sa part à Giancarlo Giorgetti, l'éminence grise de Matteo Salvini, le chef de la Lega (droite anti-immigration). Diplômé en économie, il est considéré à la fois comme le bras droit et le conseiller politique de Matteo Salvini, l'homme qui maintient les rapports avec les autres dirigeants et partis et celui qui peut recentrer la Lega.

Mario Draghi a cependant joué la continuité sur plusieurs autres postes importants. Il a ainsi confirmé Luigi Di Maio, haut responsable du Mouvement populiste 5 Etoiles (M5S), au poste de ministre des Affaires étrangères, la technocrate Luciana Lamorgese à celui de ministre de l'Intérieur, et Roberto Speranza, du petit parti de gauche Libres et égaux (LEU), au poste de ministre de la Santé.

Le nouveau chef du gouvernement a ainsi mêlé technocrates et responsables politiques, choisissant des personnalités dans tous les partis qui lui ont offert leur soutien, sans faire appel cependant aux leaders.

Il a annoncé également la prochaine création d'un «super-ministère» de la Transition écologique, qui sera dirigé par le physicien de renom Roberto Cingolani, responsable depuis septembre 2019 de l'innovation technologique chez le géant italien de l'aéronautique Leonardo. Mario Draghi, surnommé par certains «Super Mario» pour son rôle dans la crise de la dette de la zone euro en 2012, prêtera serment le 13 février, puis demandera la confiance du Parlement en début de semaine prochaine.

Depuis que Sergio Mattarella a fait appel à lui, le 3 février, Mario Draghi a mené des entretiens tous azimuts avec les partis politiques représentés au Parlement, qui lui ont permis de former un attelage hétéroclite allant du Parti démocrate (PD, centre gauche) à la Lega en passant par le parti de droite Forza Italia de Silvio Berlusconi. Le 11 février, in extremis, l'inclassable Mouvement 5 Etoiles (M5S), antisystème jusqu'à son arrivée au pouvoir, avait donné lui aussi son feu vert, faisant ainsi tomber le dernier obstacle à un gouvernement d'union nationale. Les difficultés ne font cependant que commencer pour Mario Draghi. 

Bruxelles va sans doute imposer des réformes difficiles en contrepartie d'aides financières

L'Italie, qui approche de la barre des 100 000 morts dus au Covid-19, a enregistré en 2020 l'une des pires chutes du PIB de la zone euro avec un plongeon de 8,9%. La troisième économie de la zone compte beaucoup sur la manne de plus de 200 milliards de fonds européens, conditionnée à la présentation à Bruxelles d'ici fin avril d'un plan détaillé de dépenses. Sa tâche impliquera aussi des restructurations de pans entiers de l'économie, ce qui pourrait le rendre impopulaire.

En tête des priorités figure également l'accélération de la campagne vaccinale, affectée comme dans les autres pays européens par des lenteurs d'approvisionnement. Seulement 1,2 million d'Italiens sur 60 millions ont été vaccinés à ce jour.

D'autres chantiers restés en plan depuis des décennies attendent Mario Draghi sur son bureau à Palazzo Chigi, siège du gouvernement en plein centre de Rome : remédier à la lenteur de la justice, s'attaquer à la bureaucratie en rendant l'administration plus efficace et lancer la transition écologique qui sera coordonnée par un ministère à part entière, le premier du genre en Italie.

Même s'il bénéficie pour l'instant de son aura de «sauveur de la nation», cet homme formé chez les jésuites, dont l'arrivée a réjoui les marchés financiers, devra faire preuve de beaucoup d'habileté pour rester en selle sur le long terme face à des partis politiques qui devraient s'agiter de plus en plus à l'approche des prochaines élections, prévues en 2023.

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