Malgré l'opposition des Etats-Unis, le projet de gazoduc Nord Stream 2 devrait reprendre

- Avec AFP

Malgré l'opposition des Etats-Unis, le projet de gazoduc Nord Stream 2 devrait reprendre© Tobias SCHWARZ Source: AFP
Tuyaux mis en place dans le cadre du projet Nord Stream 2 à Lubmin (Allemagne), en 2019.
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L'ambassadrice américaine à Berlin a demandé un «moratoire» sur le gazoduc Nord Stream 2 reliant la Russie à l'Allemagne. Une énième opposition des Etats-Unis au projet qui ne devrait cependant pas empêcher la reprise des travaux.

Le 5 décembre, Robin Quinville l'ambassadrice américaine par intérim à Berlin a demandé un «moratoire» sur la construction du gazoduc Nord Stream 2, qui serait selon elle un «outil politique du Kremlin». Une déclaration qui ne devrait cependant pas empêcher une reprise imminente des travaux, dont la fin est prévue pour début 2021. 

Le quotidien économique allemand Handelsblatt rapporte les propos de la diplomate américaine : «Le moment est venu pour l'Allemagne et l'UE d'imposer un moratoire sur la construction du gazoduc [qui] n'est pas seulement un projet économique, mais aussi l'outil politique du Kremlin pour contourner l'Ukraine et diviser l'Europe». A la suite de ces accusations, Robin Quinville estime qu'un «moratoire» montrerait que l'Europe ne tolère plus «la poursuite du comportement malveillant de la Russie».

La porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova a réagi sur son compte Facebook en citant un article du Washington Times de 2014 ayant pour titre «L’administration Reagan a prévenu que les livraisons de gaz russe à
travers le territoire de l’Ukraine fragiliseraient l’Occident.» Ainsi, la diplomate analyse que «depuis plusieurs décennies, le pipeline russe – quels que soient le lieu et le moment où il est construit [...]– provoque toujours la même réaction des Etats-Unis : une agression politique et une opposition illégitime». Citant l'ancienne secrétaire d'Etat américaine Condoleeza Rice, Maria Zakharova a appelé Washington à «être un acteur responsable de l’économie internationale», en «respect[ant] les règles».

Relier la Russie à l'Europe de l'Ouest par la mer

Nord Stream 2 est un gazoduc de 1 230 kilomètres qui doit acheminer 55 milliards de m3 de gaz russe par an (soit 11 % de la consommation annuelle européenne) directement en Allemagne en passant sous la mer Baltique. Il double le tracé son frère aîné Nord Stream premier du nom, et permettra donc à deux fois plus de gaz russe d’éviter d’emprunter les gazoducs terrestres des pays baltes, de la Pologne et de l’Ukraine – soit un raccourci d'environ 2 000 kilomètres.

Le géant russe Gazprom finance la moitié de ce projet évalué à 9,5 milliards d'euros, l'autre moitié étant assurée par cinq groupes européens dont le français Engie.

En décembre 2019, le projet avait été brutalement interrompu après que les Etats-Unis ont décidé d'instaurer des sanctions, dénoncées par Berlin et Moscou, comprenant le gel des avoirs et la révocation des visas américains pour les entrepreneurs liés à Nord Stream 2.

Seuls 6% du gazoduc restent à achever, soit 120 kilomètres de canalisations dans les eaux danoises et 30 kilomètres dans les eaux allemandes.

Un chantier bientôt achevé ? 

Une petite portion qui devrait être terminée dans les mois qui viennent, les travaux devant reprendre ce week-end en dépit des déclarations de Robin Quinville.

Le consortium de Nord Stream 2 a assuré le 28 novembre auprès de plusieurs médias russes qu'il prévoyait bien de «reprendre les travaux de pose de canalisations cette année, à l'aide d'un navire situé dans la zone économique exclusive de l'Allemagne», même s'il n'a pas confirmé officiellement le redémarrage du chantier.

L'Office allemand des voix navigables et de la navigation a averti les navires que des travaux de pose de pipelines allaient être menés du 5 au 31 décembre sur la zone où doivent être posés les derniers kilomètres du gazoduc. Les navires russes Fortuna et Akademik Tscherski, spécialisés dans l'installation de pipeline, sont par ailleurs en route vers le site du chantier, selon le site de navigation Marine Traffic.

Interrogé le 4 décembre sur la réaction russe en cas de maintien des sanctions américaines, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a déclaré que «bien sûr, [la Russie] protéger[a] [ses] intérêts».

Une obsession américaine

Dès 2018, Donald Trump avait prétendu que Gazprom risquait de rendre l'Allemagne «prisonnière» de Moscou ; mais le gouvernement allemand n'attend pas de changement fondamental avec la probable entrée du démocrate Joe Biden à la Maison Blanche en janvier 2021. Le ministre des Affaires étrangères allemand Heiko Maas a reconnu dans le Spiegel ne pas «se faire d'illusions à ce sujet», reconnaissant qu'«il n'y a guère de différences d'opinion entre les républicains et les démocrates».  

En janvier 2016, le président ukrainien d'alors Petro Porochenko et le vice-président Biden s'étaient déjà entendus sur des actions visant à empêcher la réalisation de Nord Stream 2 lors du Forum économique de Davos.

Plus récemment, la thèse de l'empoisonnement de l'opposant russe Alexeï Navalny – que les capitales occidentales ont imputée à Moscou – a été récupérée par certains pour exiger de Berlin l'arrêt du projet.

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