Le désormais ex maire de Rome a peur «d’un retour de la mafia»

Ignazio Marino joue désormais la carte du retour possible de la mafia à Rome. Source: Reuters
Ignazio Marino joue désormais la carte du retour possible de la mafia à Rome.

Forcé à la démission par un scandale de notes de frais, Ignazio Marino dit craindre que son absence ne favorise un retour du crime organisé.

Une bête blessée n’est point morte. Depuis hier soir et sa démission, Ignazio Marino tente, tant bien que mal, de se défendre. Celui qui été, encore récemment, maire de la ville éternelle brandit la carte du danger.

Il a déclaré aujourd’hui dans une vidéo qu’il ne pouvait nier «une crainte d’un retour des vieilles mentalités et de la mécanique mafieuse au sein de la municipalité».

Impopulaire mais honnête

Ignazio Marino est plein de contradiction. Accusé d’avoir utilisé l’argent de la ville pour se payer de fastueux dîners, il est pourtant considéré comme honnête. Entre les qualificatifs d’empoté et d’impopulaire, sa seule lueur d’espoir réside dans cette réputation d’homme intègre.

Et il en joue. Avant sa prise de fonction, il y a un peu plus de deux ans, la capitale italienne était souvent adossée au mot mafia.

Même si une sombre affaire d'infiltration par un groupe criminel dirigé par un gangster borgne a entaché sa gestion de la municipalité, il reste le maire sous lequel le réseau «Mafia Capitale» a été démantelé. L’année dernière, la police a confondu des douzaines de politiciens et hommes d’affaires locaux pour détournement de fonds publics. Le procès aura lieu le mois prochain.

La théorie du coup monté

«Si l’affaire des notes de frais n’avait pas éclaté, ils auraient dit que je portais des chaussettes trouées ou auraient caché de la cocaïne dans mes poches». Cette déclaration de l’ex maire à la Stampa aujourd’hui fait référence à la théorie de ses partisans. Il aurait été piégé.

Ses «tiffosi» (supporters), comme diraient nos amis italiens, sont persuadés que son rôle dans la démantèlement du réseau «Mafia Capitale» est la cause de ses ennuis. Soucis auxquels «l’extrême droite» ne serait pas étrangère. Pour l’ex édile, la volonté de débarrasser la ville de la corruption a été son «coup de grâce».

Un possible retour

Pour rappel, Ignazio Marino a une vingtaine de jours pour revenir sur sa décision. Hier, il déclarait vouloir analyser si «les conditions politiques» d’un retour pouvaient être réunies.

Le chemin semble difficile tant son Parti Démocrate (PD) l’a lâché durant ses démêlés, y compris le chef du gouvernement Matteo Renzi.

En attendant, le préfet de Rome, Franco Gabrielli, se mue en gestionnaire de la cité. Si Ignazio Marino ne revient pas sur sa décision, des élections prendront place. Sûrement au printemps. Actuellement, le mouvement contestataire «Cinque Stelle» (5 étoiles), dirigé par Beppe Grillo, est le favori d’un éventuel scrutin.

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