Présidentielle américaine : manifestations et affrontements dans plusieurs villes des Etats-Unis

Présidentielle américaine : manifestations et affrontements dans plusieurs villes des Etats-Unis© Goran TOMASEVIC Source: Reuters
Des manifestants munis d'une banderole portant le slogan «On ne veut pas de Biden, on veut la vengeance  - Pour les meurtres commis par la police, les guerres impérialistes, et les massacres fascistes», à Portland, dans l'Oregon, le 4 novembre 2020.

Alors que l'incertitude entourant les résultats de l'élection présidentielle plonge les Etats-Unis dans une crise politique, des manifestations parfois violentes ont eu lieu à New York, Portland, Détroit ou encore Phoenix.

Le 4 novembre 2020, des centaines de partisans de Joe Biden ont défilé dans la soirée à New York lors d'une manifestation qui a dégénéré en fin de journée. A Portland, dans l'Oregon, des forces de la police et de la Garde nationale ont fait face à des centaines de manifestants et ont procédé à au moins dix arrestations. Des supporters de Donald Trump manifestaient quant à aux à Détroit, dans le Michigan et à Phoenix en Arizona pour demander l'arrêt du dépouillement dans ces Etats-clés. 

«Comptez chaque voix», demandent des manifestants à New York

Un rassemblement de manifestants réunis derrière le slogan «comptez chaque voix» a débuté à Manhattan dans l'après-midi du 4 novembre et s'est poursuivi dans la soirée avec 400 à 500 personnes, selon les organisateurs.

Tandis que les manifestations qui ont eu lieu dans l'après-midi se sont tenues dans le calme, la situation s'est envenimée à la nuit tombée. 

Lorsqu'ils se sont rassemblés au Washington Square, dans le sud de Manhattan, les manifestants ont été accueillis par «des centaines de policiers» et une «constellation d'hélicoptères de police», selon Jake Offenhartz, reporter pour le Gothamist, un site couvrant l'actualité new-yorkaise, et qui a suivi l'évènement sur le terrain. 

Des policiers anti-émeutes à vélo ont alors procédé à de nombreuses arrestations d'individus dont Jake Offenhartz affirme l'appartenance aux mouvement Black lives matter et à la mouvance black block. 

Les manifestants ont allumé plusieurs feux dans la ville et la police de New York s'est adressée au rassemblement via Twitter en affirmant que si elle soutient «le droit de chacun à s'exprimer», mettre le feu «met les autres en danger et ne sera pas toléré». Elle a déclaré avoir procédé à 20 arrestations.

A Portland, la Garde nationale face à une situation de «violence généralisée»

Portland, ville du nord-ouest des Etats-Unis, est le théâtre depuis l’été de manifestations dénonçant les cas de violences policières à l’encontre d’Afro-américains en divers endroits du pays. Le lendemain des élections, un nouveau palier a été franchi puisque la ville de 650 000 habitants a été placée en alerte renforcée par le gouverneur de l'Oregon, Kate Brown, qui a adopté un décret plaçant la sécurité publique de Portland sous un «commandement unifié», supervisé conjointement par la police d'Etat de l'Oregon, la Garde nationale de l’Etat, et le bureau du shérif du comté de Multnomah.

Ce dernier a déclaré que la situation de «violence généralisée» qui prévalait correspondait légalement à une émeute et à appelé les manifestants à «quitter la zone» après l'arrestation d'un homme soupçonné d'avoir lancé un cocktail Molotov. Il a averti à plusieurs reprises que les forces de l'ordre pourraient employer des munitions et du gaz lacrymogène.

Au cours des incidents de la soirée, les policiers ont saisi des armes dont un fusil chargé, un couteau, des marteaux et des feux d'artifice utilisés comme projectiles, a tweeté le bureau du shérif.

Il a également signalé que des manifestants avaient lancé des bouteilles et d'autres objets sur les policiers et brisé des vitrines de magasins. Les militants brandissaient des banderoles proclamant «Comptez chaque voix» et «Le vote est terminé. La lutte continue». Plusieurs d'entre eux portaient des armes à feu, dont des fusils. Une banderole portant des slogans antiracistes et anti-impérialistes montrait l'image d'un fusil d'assaut et le slogan «On ne veut pas de Biden. On veut la vengeance». «Nous voulons que Trump parte, c'est l'objectif principal» a lancé un manifestant acclamé par le groupe, selon l'AFP.

A Détroit et à Phoenix, les pro-Trump demandent la suspension du dépouillement 

Dans la principale ville du Michigan, à l'extérieur du bâtiment où se poursuivait le dépouillement des bulletins, s'est tenue une manifestation tendue, selon un photographe de l'AFP et des vidéos publiées sur les réseaux sociaux.

Aux cris de «Arrêtez de compter», des centaines de manifestants pro-Trump demandaient à ce que le dépouillement cesse temporairement et à pouvoir assister à celui-ci, après que le président sortant eut annoncé un recours pour stopper le comptage dans cet Etat-clé.

Des vidéos montrent les manifestants, poing levé, empêchés d'entrer dans le centre de dépouillement par des policiers.

Selon le Detroit Free Press, les manifestants, initialement pro-Trump, ont été rejoints par des partisans de Joe Biden, contribuant à accentuer les tensions.

A Phoenix enfin, quelques dizaines de militants pro-Trump se sont mobilisés devant le bureau de vote du comté de Maricopa pour demander là aussi l'arrêt du dépouillement, comme le rapporte le FigaroAfin de protéger les scrutateurs – certains manifestants portaient des armes à feu – le processus de dépouillement a été interrompu momentanément dans la soirée du 4 novembre, avant que la police n'intervienne pour calmer la situation. Les militants ont scandé le slogan «Shame on Fox!» («Honte à Fox !»), reprochant à la chaîne conservatrice d'avoir relayé trop hâtivement l'information selon laquelle Joe Biden a remporté l'Arizona.

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