«L'aube d'un nouveau Moyen-Orient»? Israël signe des accords historiques avec les Emirats et Bahreïn

«L'aube d'un nouveau Moyen-Orient»? Israël signe des accords historiques avec les Emirats et Bahreïn© Alex Wong/Getty Image North America Source: AFP
Les ministres des Affaires étrangères des Emirats arabes unis et du Bahreïn Cheikh Abdallah Ben Zayed et Abdullatif ben Rashid Al Zayani, le Premier ministre israëlien Benjamin Netanyahou et le président américain Donald Trump lors de la signature de l'accord, le 15 septembre à la Maison-Blanche.

Réunis autour de Donald Trump à Washington, les dirigeants d'Israël, des EAU et de Bahreïn ont entériné la normalisation de leurs relations. Selon le locataire de la Maison Blanche, d'autres pays arabes pourraient suivre, dont Riyad.

Donald Trump a reçu à la Maison Blanche, le 15 septembre, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou ainsi que les délégations des Emirats arabes unis et du Bahreïn pour la signature de l'accord de normalisation de leurs relations. Les différentes parties ont été reçues en grande pompe lors d'une cérémonie a Washington organisée par Donald Trump, pour établir les modalités de cet accord, présenté comme «historique» par Israël et Washington.

Le texte prévoit la fin du boycott d'Israël, l'ouverture d'ambassades, de relations commerciales, des lignes aériennes et une coopération sécuritaire. En échange, Israël s'engage à suspendre l'annexion de nouveaux territoires palestiniens en Cisjordanie, bien que Benjamin Netanyahou ait rapidement précisé ne pas y avoir «renoncé» sur le long terme.

Le Premier ministre israélien a toutefois assuré que cette signature était porteuse d'une «fin au conflit israélo-arabe». «Pour ceux qui portent les blessures de la guerre, chérissent les bienfaits de la paix, ce que nous faisons aujourd'hui est énorme, d'abord parce que cette paix s'étendra éventuellement à d'autres Etats arabes, et elle peut mettre fin au conflit israélo-arabe une fois pour toutes», a ajouté le Premier ministre israélien.

Côté émirati, le chef de la diplomatie Cheikh Abdallah Bin Zayed a estimé que la décision de normaliser les relations avec Israël était «la voie à suivre» pour tous les autres pays arabes, selon des propos rapportés par l'AFP. Il a par ailleurs jugé que la suspension par Israël de l'annexion prévue de territoires palestiniens ouvrait la voix à une solution à deux Etats, reconnaissant cependant que cela «ne se [ferait] pas du jour au lendemain».

«Sept ou huit pays» vont suivre, selon Trump

Pour Donald Trump, véritable architecte de l'accord, il s'agit d'une réelle avancée diplomatique dans la région. «Après des décennies de divisions et de conflits, nous sommes témoins de l'aube d'un nouveau Moyen-Orient», a déclaré le président des Etats-Unis, qui s'est félicité d'un accord de paix «historique».

Le chef d'Etat a par ailleurs évoqué la possibilité que «sept ou huit pays» concluent un accord similaire, «y compris les gros». «J'ai parlé avec le roi d'Arabie saoudite», ils suivront« le moment venu», a-t-il notamment confié à des journalistes.

Abbas : «Aucune paix, sécurité ou stabilité pour quiconque dans la région sans la fin de l'occupation»

La nouvelle a en revanche froidement été accueillie en Palestine. «Il n'y aura aucune paix, sécurité ou stabilité pour quiconque dans la région sans la fin de l'occupation et le respect des pleins droits du peuple palestinien», a assuré le président palestinien Mahmoud Abbas dans un communiqué dans la foulée de la signature.

Au même moment ce 15 septembre, des tirs de roquettes depuis la bande de Gaza ont fait au moins deux blessés légers en Israël. D'après l'armée israélienne, deux roquettes ont été tirées depuis l'enclave sous contrôle du Hamas, dont l'une a été interceptée par le bouclier antimissile israélien. La seconde roquette s'est abattue sur la ville d'Ashdod, selon les services de secours locaux qui ont fait état d'au moins deux blessés légers.

Aucune des factions palestiniennes établies dans la bande de Gaza n'a toutefois revendiqué ces tirs dans l'immédiat.

La veille, l'Autorité palestinienne et le Hamas avaient déjà étrillé l'accord, qualifié notamment de «coups de poignard dans le dos» de la part des pays accusés de pactiser avec Israël, sans résolution préalable du conflit israélo-palestinien. «Demain [le 15 septembre], nous allons être témoins d'un jour sombre dans l'histoire de la nation arabe, d'une défaite des institutions de la Ligue arabe, qui ne sont plus unies, mais divisées», avait déclaré le Premier ministre de l'Autorité palestinienne.

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