Japon : le Premier ministre Shinzo Abe annonce sa démission pour raisons de santé

- Avec AFP

Japon : le Premier ministre Shinzo Abe annonce sa démission pour raisons de santé© Kiyoshi Ota Source: Reuters
Le Premier ministre japonais Shinzo Abe lors d'une conférence de presse à Tokyo, Japon, le 17 avril 2020.

Shinzo Abe, Premier ministre japonais depuis fin 2012, a annoncé sa démission ce 28 août, en raison de problèmes de santé. Son mandat devait initialement se terminer en septembre 2021.

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe, en poste depuis fin 2012, a annoncé ce 28 août son intention de démissionner pour raisons de santé, ayant été rattrapé par une maladie inflammatoire de l'intestin qui l'avait déjà forcé à quitter le pouvoir en 2007.

«J'ai décidé de démissionner du poste de Premier ministre», a déclaré Shinzo Abe lors d'une conférence de presse, expliquant subir un retour de son ancienne maladie chronique, la rectocolite hémorragique ou colite ulcéreuse. «Je vais continuer à remplir fermement mes fonctions jusqu'à ce qu'un nouveau Premier ministre soit nommé», a-t-il ajouté. Visiblement ému et en s'inclinant devant les caméras, Shinzo Abe s'est aussi dit «profondément désolé» envers le peuple japonais de quitter son poste environ un an avant la date initialement prévue et en pleine crise du coronavirus.

Shinzo Abe avait, plus tôt dans la journée, annoncé sa décision lors d'une réunion d'urgence de son Parti libéral-démocrate (PLD). C'est Tomomi Inada, cadre du parti au pouvoir et proche alliée du Premier ministre qui l'avait fait savoir aux journalistes. «Je ne m'attendais absolument pas» à cette annonce soudaine, et «honnêtement je suis stupéfaite», avait-t-elle déclaré.

Selon la chaîne de télévision publique NHK, le chef du gouvernement a été rattrapé par son ancienne maladie chronique intestinale, la rectocolite hémorragique, l'une des raisons qui avaient précipité la fin de son premier mandat en 2006-2007.

Agé de 65 ans, Shinzo Abe occupait la fonction de chef du gouvernement de manière ininterrompue depuis fin 2012, un record de longévité pour un Premier ministre japonais. Il s'est fait surtout connaître à l'étranger avec sa politique économique surnommée «Abenomics», mêlant assouplissement monétaire, relance budgétaire massive et réformes structurelles.

Surprise et expectative pour la succession

Ces derniers jours, le porte-parole du gouvernement Yoshihide Suga avait tenté de balayer les spéculations sur un départ précipité, après deux visites à l'hôpital de Shinzo Abe ces deux dernières semaines. Ce fidèle du Premier ministre avait encore répété ce 28 août au matin s'attendre à ce qu'il annonce au contraire son intention de «travailler dur» tout en se soignant. Les observateurs s'attendaient par conséquent à ce que Shinzo Abe reste à son poste jusqu'au terme de son troisième et dernier mandat de président du PLD prévu en septembre 2021. «C'est une énorme surprise», a déclaré à l'AFP Shinichi Nishikawa, professeur de sciences politiques à l'université de Meiji de Tokyo. «Sa démission survient à un moment où le Japon fait face à des défis importants», dont la gestion de la pandémie de coronavirus, a-t-il rappelé.

Sa succession sera très vraisemblablement assurée par le vainqueur d'une nouvelle élection pour la présidence du PLD. Shinzo Abe a refusé ce 28 août d'exprimer publiquement une préférence pour un successeur. Son fidèle conseiller Yoshihide Suga, actuel porte-parole du gouvernement, ainsi que le ministre des Finances Taro Aso figurent parmi les candidats pressentis.

La popularité de Shinzo Abe a justement fondu ces derniers mois avec la pandémie de coronavirus, son gouvernement étant critiqué pour la lenteur de sa réaction à la crise, ses multiples revirements et maladresses, y compris celles du Premier ministre lui-même. L'archipel nippon a été relativement moins touché par la maladie Covid-19 que de nombreuses autres zones du monde, avec environ 65 600 cas d'infections dans le pays depuis le début de la crise sanitaire pour quelque 1 200 décès.

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