Après l'échec d'une résolution à l'ONU, «l'Amérique n'a jamais été si isolée» selon l'Iran

- Avec AFP

Après l'échec d'une résolution à l'ONU, «l'Amérique n'a jamais été si isolée» selon l'Iran© IRANIAN PRESIDENCY Source: AFP
Le président iranien Hassan Rohani en juillet 2020 (image d'illustration).

Le 14 août, le Conseil de sécurité de l'ONU a rejeté une résolution américaine visant à prolonger l'embargo sur les ventes d'armes à l'Iran. Paris et Londres, notamment, se sont abstenus. Téhéran a salué l'échec de la «conspiration» américaine.

Téhéran a salué, ce 15 août, le rejet par le Conseil de sécurité de l'ONU, survenu la veille, d'une résolution américaine visant à prolonger l'embargo sur les ventes d'armes à l'Iran. Cet embargo était en vigueur depuis 13 ans et arrive à expiration le 18 octobre, selon les termes de la résolution qui avait approuvé l'accord international sur le nucléaire iranien de juillet 2015 – accord dont sont sortis les Etats-Unis en 2018.

Ce jour restera dans l'histoire de notre pays et dans l'histoire de la lutte contre l'arrogance mondiale

Sur les 15 membres actuel du Conseil de sécurité des Nations unies, seuls deux ont voté en faveur de la prolongation de l'embargo : les Etats-Unis et, selon la télévision publique iranienne, la République dominicaine. La Russie et la Chine s'y sont opposées, et les 11 membres restants du Conseil se sont abstenus, parmi lesquels la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne.

Les autorités iraniennes ont raillé Washington pour son incapacité à n'obtenir qu'une seule voix de soutien. «Les Etats-Unis ont échoué dans cette conspiration, humiliés», a ainsi déclaré le président iranien, Hassan Rohani, lors d'une conférence de presse retransmise à la télévision. «A mon avis, ce jour restera dans l'histoire de notre pays et dans l'histoire de la lutte contre l'arrogance mondiale.», a ajouté le président iranien.  

«Depuis 75 ans d'histoire des Nations Unies, l'Amérique n'a jamais été si isolée», a tweeté de son côté le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Abbas Moussavi. «Malgré tous les voyages, pressions et colportages, les Etats-Unis n'ont pu mobiliser qu'un petit pays [à voter] avec eux», a-t-il ensuite lancé, faisant allusion aux efforts du chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, pour rallier des soutiens à la résolution américaine.

Washington dénonce une «grave erreur»

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a déploré, dans un communiqué, cette décision du Conseil de sécurité, qui a échoué selon lui à «remplir sa mission fondamentale» –à savoir «maintenir la paix et la sécurité internationales». 

Selon le secrétaire d'Etat, les Etats-Unis continueront «à travailler pour faire en sorte que le régime théocratique terroriste [iranien] ne soit pas libre d'acheter et de vendre des armes qui menacent le cœur de l'Europe, du Moyen-Orient et au-delà».

Mike Pompeo a de nouveau dénoncé «une grave erreur», lors d'une visite en Pologne ce 15 août. «Je regrette que le monde entier ne se soit pas associé à la lutte contre le plus grand Etat sponsor du terrorisme pour s'assurer qu'il ne puisse pas avoir de systèmes d'armements présentant un risque, un risque pour le cœur de l'Europe», a-t-il martelé.

En outre, l'ambassadeur d’Israël aux Nations unies, Gilad Erdan, a déclaré que le vote du Conseil de sécurité «déstabilisera[it] encore plus le Moyen-Orient, et augmentera[it] la propagation de la violence dans le monde». 

Enfin, Anne Gueguen, représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations unies, a déclaré que la fin de l'embargo «pourrait avoir de graves conséquences pour la sécurité et la stabilité régionales». Et, si la France s'est abstenue sur le texte américain au Conseil de sécurité, la Maison Blanche a déclaré que Donald Trump et son homologue français Emmanuel Macron avaient évoqué, le 14 août lors d'un entretien téléphonique, «le besoin urgent d'une action de l'ONU pour prolonger l'embargo sur les armes en Iran».

Moscou propose un sommet international sur le dossier iranien

Face aux tensions persistantes entre Washington et Téhéran, le président russe Vladimir Poutine a proposé, dans un communiqué rendu public le 14 août, d'organiser «dans les plus brefs délais une rencontre en ligne» des chefs d'Etats ou de gouvernement des membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Russie, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Chine), ainsi que des dirigeants de l'Allemagne et de l'Iran, dans le but de discuter du dossier iranien.

Dénonçant des «accusations sans fondement contre l'Iran», le chef d'Etat russe a fustigé des «projets de résolution visant à détruire les précédentes décisions unanimes du Conseil de sécurité», rappelant par ailleurs que Moscou demeurait «attaché au Plan d'action global commun relatif au programme nucléaire iranien (JCPoA) [l'accord de Vienne signé en 2015]», qui, selon lui, «a permis d'éliminer la menace d'un conflit armé et a renforcé le régime de non-prolifération nucléaire».

Vladimir Poutine a également fait savoir que ce sommet aurait pour objectif «de définir les mesures à prendre pour éviter la confrontation et l'aggravation de la situation au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies», où «les discussions [...] sur la question iranienne deviennent de plus en plus tendues».

L'Elysée, citée par Reuters, a fait savoir que la France était ouverte à l'initiative proposée par le président russe. 

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