«RUSSIE, RUSSIE, RUSSIE» : un invité de CNN évoque la main de Moscou dans les émeutes, Trump répond

«RUSSIE, RUSSIE, RUSSIE» : un invité de CNN évoque la main de Moscou dans les émeutes, Trump répond© SETH HERALD Source: AFP
Violences à Detroit dans le Michigan le 31 mai.

Le président américain s'est fendu d'un tweet rageur contre CNN, dont un invité a évoqué l'influence d'«acteurs étrangers» dans les émeutes qui secouent le pays depuis plusieurs jours après la mort d'un homme noir lors de son arrestation.

«Nous y voilà encore» : c'est par ces mots que le président américain s'est agacé, dans un tweet le 30 mai, contre un programme de la chaîne d'info CNN, régulièrement affublée du sobriquet «fake news» par le dirigeant. Dans l'émission, l'invité de la chaîne évoquait une prétendue influence russe dans les violences qui secouent le pays depuis la mort de George Floyd lors de son arrestation par un policier américain. 

«[Les] fausses info de CNN accusent la RUSSIE, RUSSIE, RUSSIE. Ce sont des perdants malades avec de très mauvais chiffres ! PS : ils ne peuvent pas accuser la Chine parce qu'ils ont besoin d'argent ?», s'est-il interrogé dans un tweet. 

Des violences, parfois extrêmes, ponctuent les manifestations qui secouent le pays depuis la mort de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans décédé le 25 mai à Minneapolis après qu'un policier blanc, Derek Chauvin, lui a longuement écrasé le cou avec son genou.

Filmée, la scène a engendré l'incarcération et l'inculpation de son principal auteur pour «homicide involontaire», et provoque depuis de nombreuses manifestations contre les violences policières, le racisme et pour demander justice. Des violences ont eu lieu à Minneapolis, mais aussi dans plusieurs villes du pays comme Detroit, New York, Philadelphie, Los Angeles, Atlanta.

Suprémacistes blancs ou manipulateurs russes ? 

Invité à s'exprimer sur le sujet par CNN, l'ancien maire démocrate de la Nouvelle-Orléans (1994-2002) Marc Morial a émis des soupçons visant... la Russie. «La prochaine conférence de presse [des autorités de Minneapolis] nous donnera des informations sur qui est derrière cet accès de violence. Si ce sont les suprémacistes blancs, si ce sont les Russes, si ce sont d'autres acteurs étrangers qui ont tenté d'exploiter la douleur et d'exploiter les protestations légitimes, alors c'est un nouveau cap [franchi] dans notre pays et ils devraient eux aussi être arrêtés et poursuivis», a-t-il déclaré au sujet de possibles manipulations du mouvement. 

Ne s’embarrassant pas de preuves pour justifier sa théorie, il a encore affirmé : «Je soupçonne depuis un certain temps maintenant que bon nombre de ces protestations en ligne sont exploitées par d'autres. Les Russes dans les élections de [20]16 se sont donné beaucoup de mal pour prétendre être des activistes noirs [...] Sont-ils impliqués ici ? Eh bien nous devons aussi le savoir maintenant», a-t-il déclaré plus loin.

Trump accuse les «antifas et la gauche radicale»

Plusieurs autres responsables américains ont évoqué une récupération des manifestations, dont le gouverneur du Minnesota Tim Walz, qui a dénoncé l'infiltration des manifestations par des éléments extérieurs à son Etat qui pourraient être, selon lui, des anarchistes mais aussi des suprémacistes blancs ou des trafiquants de drogue.

«80% des émeutiers de Minneapolis la nuit dernière étaient [originaires] d'autres Etats», a dénoncé le gouverneur sur Twitter, rappelant dans un autre message qu'entrer dans un Etat (depuis un autre) des Etats-Unis pour inciter à la violence était un crime fédéral. Il a enjoint les gouverneurs et maires démocrates à être «beaucoup plus durs» sous peine d'une intervention du gouvernement fédéral qui «fera ce qui doit être fait».

Ce sont les antifa et la gauche radicale. N'accusez personne d'autre !

«Ce sont les antifa et la gauche radicale. N'accusez personne d'autre !», a pour sa part dénoncé le président américain, qui a annoncé dans un tweet ultérieur : «Les Etats-Unis d'Amérique vont désigner ANTIFA comme organisation terroriste.»

«La famille de George a droit à la justice», avait affirmé Donald Trump après un entretien avec la famille de la victime le 29 mai, estimant par ailleurs : «Les habitants du Minnesota ont droit à la sécurité.»

Le gouverneur du Minnesota, dont la police est débordée, a appelé en renfort 13 000 soldats de la Garde nationale, une première depuis des décennies, et a demandé l'aide du ministère de la Défense. L'administration Trump a pour l'instant exclu de prendre en main le maintien de l'ordre dans cet Etat, laissant cette compétence aux autorités locales. 

Le Pentagone a néanmoins précisé que des unités de la police militaire avaient été mises en alerte pour pouvoir éventuellement intervenir à Minneapolis dans un délai de quatre heures.

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