«Bruxelles n'en fait pas assez» : le manque de solidarité de l'UE fait grincer des dents en Italie

«Bruxelles n'en fait pas assez» : le manque de solidarité de l'UE fait grincer des dents en Italie© Remo Casilli Source: Reuters
Une femme marche sur la colline de Gianicolo, alors que l'Italie renforce ses mesures pour tenter de contenir la propagation du coronavirus (COVID-19), à Rome, Italie, le 23 mars 2020. (Image d'illustration)

Face au désastre sanitaire en Italie, des personnalités politiques critiquent le manque de solidarité de l'UE. Esseulée au sein du bloc, l'Italie a dû solliciter l'aide de la Russie, la Chine et Cuba.

La non-réactivité et le manque de solidarité de l'Union européenne (UE) face à l'épidémie de coronavirus en Italie n'en finit pas de susciter les critiques. Interrogé par RT.com, l'ancien ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini (centre-droit), juge la réponse initiale de l'UE «inadéquate» et déplore un manque de solidarité européenne, qui a reçu le soutien de... la Russie et de la Chine. De son point de vue, l'UE a clairement sous-estimé le virus, attribuant la flambée épidémique en Italie à la défaillance de son système de santé national avant de se raviser quand les autres pays du bloc ont été touchés. 

«Franchement, Bruxelles n'en fait pas assez. Aux tout premiers moments de l'épidémie, l'Italie était pratiquement seule contre le virus. Beaucoup ont dit que c'était à cause des habitudes italiennes, parce que les Italiens ne respectaient pas les règles. Puis soudain, ils ont réalisé que tous les autres pays étaient également touchés», constate Franco Frattini, également représentant spécial de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Devant les critiques et face à la propagation de l'épidémie partout en Europe, l'UE tente aujourd'hui de «faire plus» et de «compenser» en quelque sorte son manque de réactivité, a déclaré, de son côté, l'ancien député italien de centre-droit Dario Rivolta. Bruxelles a en effet intensifié ses efforts le 23 mars en renonçant aux règles de discipline budgétaire. Mais les 27 doivent encore s'entendre sur des mesures plus fortes afin d'amortir le choc de la récession annoncée avec la pandémie du coronavirus.

En ce qui concerne les aspects médicaux, la seule chose que l'UE a faite jusqu'à présent a été de mettre des barrières entre l'Italie et d'autres pays

Alors que le FMI a tiré la sonnette d'alarme, prévenant que la récession mondiale pourrait être pire cette année que pendant la crise financière de 2008, les 27 ministres des Finances de l'UE ont pris une décision historique face à la gravité de la situation. Franco Frattini a salué cette décision «très importante» de son point de vue car elle permet à Rome d'agir librement en termes de dépenses budgétaires.

Mais pour Dario Rivolta, ces mesures sont insuffisantes. De son point de vue, si l'allégement financier est nécessaire, il y a d'autres choses à considérer, comme l'assistance médicale. «En ce qui concerne les aspects médicaux, la seule chose que l'UE a faite jusqu'à présent a été de mettre des barrières entre l'Italie et d'autres pays», a déclaré l'ancien député de Forza Italia, à RT.

L'aide est venue de loin : la Russie et la Chine au secours de l'Italie

Répondant également à RT, Andrea Giannotti, directeur exécutif de l'Institut italien des études eurasiennes, abonde dans le même sens. «Tout le monde s'est concentré sur la situation dans son pays avant de penser à aider les autres», observe-t-il. Face à cette absence de solidarité, l'Italie a dû aller chercher du soutien ailleurs. «Certaines ambassades italiennes ont été chargées de négocier avec les gouvernements locaux afin de trouver des opportunités de recevoir une assistance de l'étranger, y compris une aide en équipement, ce dont l'Italie manque», explique Andrea Giannotti. La Russie et la Chine ont été parmi ceux qui ont répondu. En effet, le 22 mars, le ministère russe de la Défense a annoncé l'envoi en Italie de près de 100 virologues et épidémiologistes, ainsi que huit équipes médicales équipées, afin de fournir une assistance au pays le plus touché par la pandémie du coronavirus. 

Tout le monde s'est concentré sur la situation dans son pays avant de penser à aider les autres

La Chine, où le virus est apparu en premier lieu, a décidé d'apporter son expertise et tous les acquis de ses recherches dans ce domaine aux pays les plus touchés par le virus, notamment à l'Italie, en y déployant une aide tant humaine que matérielle. Neuf médecins chinois et plusieurs tonnes d'aide sanitaire sont ainsi arrivés dès le 12 mars à Rome à bord d'un vol spécial pour aider le gouvernement italien à faire face à la pandémie de Covid-19.

L'Italie a également pu compter sur l'aide de Cuba. La petite île caribéenne socialiste a répondu à l'appel en dépêchant le 21 mars en Lombardie, région d'Italie la plus impactée par la pandémie de Covid-19, une équipe de 52 médecins et infirmiers, dont certains ayant combattu l'épidémie d'Ebola en Afrique. L'équipe, composée de 36 médecins, 15 infirmiers et d'un administrateur, «est prête à travailler sans relâche pour soigner et affronter l'épidémie de Covid-19 en collaboration avec les professionnels de la santé» d'Italie, a déclaré son chef, Carlos Ricardo Perez.
L'Italie compte à ce jour 6 077 morts sur son territoire pour 63 927 cas déclarés. A titre comparatif, la Chine, où l'épidémie a débuté, dénombre pour sa part 3 270 décès pour 81 171 cas.

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