Vladimir Poutine : «L’idéologie de Daesh est une perversion des valeurs de l’islam»

Recep Tayyip Erdogan, Vladimir Poutine et Mahmoud Abbas Source: RIA NOVOSTI
Recep Tayyip Erdogan, Vladimir Poutine et Mahmoud Abbas

Mercredi, la cérémonie de réouverture de la plus grande mosquée d’Europe à Moscou a été l'occasion pour les dirigeants turc, palestinien et russe d’évoquer les graves problèmes qui secouent le monde musulman, y compris évidemment la menace de Daesh.

«Dans le Moyen-Orient, les terroristes du soi-disant Etat islamique compromettent une grande religion mondiale – l’islam, en répandant la haine et en commettant des meurtres. Leur idéologie est bâtie sur le mensonge, à l’opposé des valeurs de l’islam», a estimé le président russe Vladimir Poutine mercredi à Moscou, lors de l’inauguration de la nouvelle mosquée de Moscou, la principale de Russie et la plus grande de toute l’Europe.

La Russie, où l’islam est la deuxième religion la plus pratiquée avec des millions d’adeptes, va continuer à développer l’éducation des jeunes musulmans, ce qui est «particulièrement important aujourd’hui, parmi les nombreuses tentatives d’exploitation cynique des sentiments religieux à des fins politiques», a souligné le président russe devant les hôtes de la cérémonie, dont le dirigeant turc Recep Tayyip Erdogan et son homologue palestinien Mahmoud Abbas.

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Les conflits du Moyen-Orient au centre de l’attention

Alors que les événements solennels se déroulaient à Moscou, c’est sur la région moyen-orientale, secouée par les conflits interétatiques et religieux, que se sont portés les yeux des dirigeants invités à la cérémonie.

«Moscou doit devenir un exemple de la coexistence pacifique de plusieurs religions», a en outre souligné Recep Tayyip Erdogan, en évoquant les récents affrontements entre juifs et musulmans à Jérusalem, qui ont «rendu la situation [dans la ville] très fragile», selon lui.

Quant à la crise migratoire, conséquence tragique des luttes au Moyen-Orient, elle est pour le dirigeant «une honte pour toute l’humanité». «La solution du problème des réfugiés n’est pas de fermer les frontières et les laisser périr en haute mer, mais de rendre leurs pays plus sûrs à vivre», a-t-il suggéré.

Le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas a quant à lui appelé depuis Moscou la communauté internationale à «garantir la protection des lieux de culte musulman et chrétien à Jérusalem et en Palestine». Le dirigeant faisait bien entendu lui aussi référence aux heurts récurrents ces derniers temps sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem.

Suite à la cérémonie d’inauguration, le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan ont mené des pourparlers à huis clos, a fait savoir le service de presse de Kremlin.

La veille, Poutine avait discuté des moyens de lutter contre le terrorisme dans la région avec Mahmoud Abbas lors d’une rencontre en prévision de l’Assemblée générale de l’ONU.

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La Russie et le monde arabe

Ce lundi, un autre dirigeant du Moyen-Orient a été reçu à Moscou par Vladimir Poutine, en la personne du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Partenaires clés depuis des années, les deux chefs d’Etat ont évoqué les questions de la stabilité au Moyen-Orient, notamment la position respective russe et israélienne sur la Syrie.

Moscou coopère activement avec Damas, avec laquelle elle a plusieurs contrats de livraison d’armement, dans le but de combattre la crise politique interne qui secoue le pays. Face aux nombreux appels à renverser Bachar el-Assad, la Russie estime que le maintien à son poste est nécessaire pour lutter contre une autre menace régionale, celle de Daesh (Etat islamique).

La Russie n’est pas épargnée par les activités du groupe extrémiste. L’histoire d’une famille russe, qui était supposément partie en vacances mais a en vérité rejoint Daesh, a défrayé la chronique en août dernier.

D’après le ministère russe des Affaires étrangères, près de 2 000 citoyens et ex-citoyens russes combattent actuellement dans les rangs de cette organisation terroriste en Irak et en Syrie.

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