La Turquie ne veut pas mettre à mal sa relation avec la Russie à cause des divergences sur la Syrie

- Avec AFP

La Turquie ne veut pas mettre à mal sa relation avec la Russie à cause des divergences sur la Syrie© Aleksey Nikolskyi / Kremlin Source: Reuters
Le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Tayyip Erdogan se rencontrent en marge du sommet de la Libye à Berlin, Allemagne, le 19 janvier 2020.

Après une montée des tensions entre Moscou et Ankara concernant la situation à Idleb, l'escalade verbale semble se calmer. La Turquie a estimé que les divergences sur la Syrie ne devaient pas affecter les relations bilatérales.

La Turquie estime que les divergences avec la Russie sur la Syrie «ne doivent pas affecter» les relations entre Ankara et Moscou, a rapporté, ce 15 février, la chaîne de télévision NTV citant le ministre turc des Affaires étrangères à l'issue d'entretiens avec son homologue russe en Allemagne.   

«Les différences d'opinion en Syrie ne doivent pas affecter les relations turco-russes. La situation à Idleb [dans le nord-ouest de la Syrie où des hostilités sont en cours] n'affectera pas l'accord sur les S-400», les systèmes russes de défense antiaérienne achetés par Ankara, a ajouté ce média turc, reproduisant des propos du ministre, Mevlut Cavusoglu, après sa rencontre avec le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov en Allemagne, à Munich.

La veille, Moscou avait vivement réagi aux propos d'un député turc, proche allié de Recep Erdogan, qui a soutenu que la Russie portait la responsabilité de la mort de soldats turcs à Idleb. Pour la diplomatie russe, ces déclarations nuisent au règlement du conflit et ne respectent pas un accord entre les deux pays prévoyant la cessation des hostilités à Idleb.

Le vice-président turc, Fuat Oktay, a pointé la culpabilité de Damas dans cette affaire expliquant ce 15 février que «des postes d'observation étaient en place et [que] le régime [syrien] devait rester en dehors de cette zone», et estimant que la Russie et l'Iran «devaient s'assurer que le régime reste en dehors». En vertu d'un accord conclu en 2018 entre Moscou et Ankara, la Turquie dispose de 12 postes d'observation dans la province d'Idleb, dont quatre dans la zone contrôlée par les autorités syriennes. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a averti Damas de se retirer de ces postes d'ici fin février, faute de quoi Ankara «prendra les choses en mains».

Erdogan a échangé avec Poutine et Trump sur la situation à Idleb

Des combats meurtriers entre forces turques et syriennes dans la province d'Idleb ont provoqué la mort de 14 soldats turcs. Rompant avec son habituelle retenue lorsqu'il s'agit de la Russie, le 12 février, Recep Tayyip Erdogan a accusé Moscou de prendre part au «massacre» de civils aux côtés des forces de Bachar el-Assad à Idleb. Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a riposté en accusant la Turquie de ne rien faire pour «neutraliser les terroristes à Idleb», une situation qu'il a jugée «inacceptable». Ce 15 février, le président turc a déclaré avoir eu des discussions avec le président russe Vladimir Poutine sur la question syrienne et que celles-ci avaient été «positives», a rapporté NTV. 

Par ailleurs, ce même jour, Recep Tayyip Erdogan s'est également entretenu avec son homologue américain Donald Trump des moyens de mettre fin à «la crise à Idleb». Soulignant que les dernières attaques du pouvoir syrien étaient «inacceptables», les deux chefs d'Etat ont discuté des «moyens de mettre fin à la crise à Idleb dans les plus brefs délais», selon un communiqué de la présidence diffusé après cet entretien téléphonique.

La région d'Idleb est aux mains d'un groupuscule rebelle dominé par les djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'al-Qaïda). Ces derniers jours, la Turquie a envoyé des renforts militaires à Idleb. Le quotidien Hurriyet a indiqué, ce 15 février, qu'un convoi de 60 véhicules transportant des commandos et des véhicules blindés avait été envoyé pour renforcer les postes turcs. Ankara dit vouloir mettre fin à l'«agression» menée par le pouvoir syrien, afin d'épargner la population civile et de prévenir un nouvel exode de Syriens vers la Turquie. «La Turquie ne supporterait pas une nouvelle vague de migration», a déclaré le vice-président Fuat Oktay. Le pays accueille déjà plus de 3,6 millions de réfugiés syriens.

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