«Oser plus pour l'Europe»: la France encouragée à partager son arsenal nucléaire avec l'UE ou l'Otan

- Avec AFP

«Oser plus pour l'Europe»: la France encouragée à partager son arsenal nucléaire avec l'UE ou l'Otan© SCI TECH ENERGY Source: Reuters
Au sein des infrastructures du projet Laser Mégajoule, un des principaux éléments du programme militaire français Simulation, destiné à assurer la pérennité de la dissuasion nucléaire de la France (image d'illustration, 2010).

A l'approche d'un discours d'Emmanuel Macron sur le nucléaire, un député allemand de l'Union démocrate-chrétienne estime que la France devrait placer sa force de dissuasion nucléaire «sous un commandement commun de l'Union européenne ou de l'Otan».

Dans un entretien paru le 2 février dans le quotidien berlinois Tagesspiegel, Johann Wadephul – vice-président du groupe parlementaire du parti d'Angela Merkel (CDU) – a plaidé pour que l'arsenal atomique français sorte du giron strictement national.

Le président Emmanuel Macron nous a plus d'une fois appelé à oser plus pour l'Europe

Malgré un sentiment anti-nucléaire profond qui règne dans son pays, le député a en effet expliqué vouloir que l'Allemagne «envisage une coopération avec la France en ce qui concerne les armes nucléaires», et qu'en contrepartie, «la France devrait être prête à placer [sa force de dissuasion nucléaire] sous un commandement commun de l'Union européenne ou de l'Otan», a-t-il estimé.

«Le président Emmanuel Macron nous a plus d'une fois appelé à oser plus pour l'Europe. Il pourrait maintenant montrer qu'il est lui aussi prêt à cela. Cela prendra du temps, mais le débat doit commencer maintenant», a ainsi déclaré Johann Wadephul.

Depuis le Brexit, la France seule puissance nucléaire de l'Union européenne

Ce n'est pas la première fois que le parti d'Angela Merkel encourage Paris à renoncer à certains aspects de la primauté française sur la scène internationale. Lors d'une table ronde le 6 juillet 2019 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), en présence du ministre français de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire, Annegret Kramp-Karrenbauer, alors présidente de la CDU, portait la proposition d'un siège européen au Conseil de sécurité de l'ONU, affirmant qu'il ne s'agissait pas de «remplacer» le siège français, mais de le «compléter».

En déplacement à Varsovie ce 3 février, le président français a pour sa part évoqué la question nucléaire lors d'une conférence de presse en amont du discours à ce sujet qu'il prononcera en fin de semaine à l'adresse des autres pays membres de l'UE. 

«Sur la question nucléaire, il m'appartient de définir les intérêts vitaux [...]. Je veux dire clairement, qu'à mes yeux, les intérêts de nos partenaires européens sont toujours pris en compte. Je reviendrai précisément sur la doctrine, mais aussi sur les procédures et modalités que je souhaite proposer sur ce sujet dans les prochains mois à nos partenaires», a ainsi déclaré le chef de l'Etat français.

Comme le rapporte l'AFP, l'ONG Greenpeace a réagi avec colère aux suggestions du député conservateur allemand. «L'appel de Wadephul pour une dissuasion nucléaire allemande veut dire : rendre de nouveau possible et envisageable un massacre [perpétré] par l'Allemagne», a dénoncé un porte-parole de l'ONG. 

Fait notable, depuis le Brexit, la France est désormais le seul des 27 pays de l'Union européenne à être doté de l'arme atomique.

Lire aussi : Possibilité de «déroger» au droit national : que prévoit la nouvelle assemblée franco-allemande ?

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