Décapité, puis crucifié : un jeune manifestant saoudien condamné à mort après un procès sans avocat

Plusieurs ONG militent pour la libération du jeune homme, et contre la peine de mort.© Facebook
Plusieurs ONG militent pour la libération du jeune homme, et contre la peine de mort.

Un jeune homme de 20 ans devrait prochainement être exécuté par décapitation puis crucifixion après une parodie de procès. De nombreuses ONG dénoncent les pratiques de l'Arabie saoudite.

Ali Al-Nimr avait 17 ans lorsqu'il a été arrêté, en février 2012. Il était allé à une manifestation antigouvernementale dans la province saoudienne de Qatif. Dans quelques jours, il sera crucifié après décapitation. Accusé par le gouvernement d'avoir eu une arme à feu, et d'avoir attaqué les forces de sécurité, il n'a jamais avoué, avant de lâcher quelques informations sous la torture.

Jugé sans avocat, il a finalement été condamné, le 27 mai dernier, après avoir épuisé tous les recours légaux, à la mort par crucifixion. Son exécution devrait avoir lieu dans les prochains jours. Depuis plusieurs semaines des campagnes humanitaires appellent l'Union européenne à intervenir pour éviter cette exécution, alors que l'oncle de Ali Al-Nimr a déjà été crucifié pour «insulte au roi».

Amnesty International a dénoncé, dans un communiqué, cette futur exécution, appelant à écrire à de nombreux mails et courriers au Roi d'Arabie saoudite, Salman, afin de faire annuler cette exécution par un procédé devenu rare en Arabie saoudite.

Le royaume avait en effet, en 2013, décidé de réduire la quantité de décapitation, exécutant plus volontiers les condamnés à mort par un peloton d'exécution, avant tout pour ne pas trop secouer l'opinion internationale, qui reste souvent silencieuse au sujet de la pratique judiciaire de l'Arabie saoudite. La décapitation, suivie de crucifixion – dont le dernier cas date de 2013 -, devrait toutefois bien être appliquée cette fois-ci afin d'envoyer un message sans équivoque aux opposants du roi Salman.

Selon Amnesty International, entre janvier et fin août 2015, au moins 130 prisonniers ont été exécutés, dont près de la moitié pour des infractions qui ne satisfont pas aux critères définissant les « crimes les plus graves » pour lesquels le recours à la peine capitale est autorisé par le droit international. 

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