Réactions à la victoire de Jeremy Corbyn : source de lumière ou risque pour la sécurité ?

Jeremy Corbyn© Stefan Wermuth Source: Reuters
Jeremy Corbyn

La nette victoire de Jeremy Corbyn lors de l’élection pour la présidence du parti travailliste n’est pas passée inaperçue. Au Royaume-Uni, comme à l’étranger, les réactions se sont multipliées.

Les réactions dans le monde

En France, Jean-Luc Mélenchon du Parti de gauche s’est rappelé de sa rencontre avec Jeremy Corbyn en 2012 à Londres où ce dernier était «dépressif», se trouvait «vieux» et déplorait qu’il «n'y avait plus de gauche en Europe». «Tout ce que nous avons fait n'a servi à rien», avait-il même confié à Jean-Luc Mélenchon rapporte l’AFP.

Mais aujourd’hui les gauches européennes se félicitent quand même de cette élection. Même le Parti de gauche a commenté sa victoire avec la formule suivante : «retour de la gauche réelle au pays de Thatcher et Blair».

Et le secrétaire national du parti communiste français (PCF), Pierre Laurent, a déclaré avec fierté : «C'est révélateur du fait que la roue de l'Histoire est en train de tourner. Le fait que cela se passe dans ce pays et ce parti, où l'on a présenté le blairisme comme le nouveau modèle social-démocrate, eh bien aujourd'hui les choses se retournent».

En Grèce, Syriza, le parti de gauche radicale arrivé au pouvoir en janvier dernier, considère que l’élection de Jeremy Corbyn à la tête du parti travailliste britannique est «un message d’espoir» et que ce dernier renforcera le «front européen contre l'austérité». L’ex-ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, espère que le nouveau chef du Parti travailliste «deviendra une source de lumière pour le reste de l’Europe».

Podemos, le parti de gauche radicale espagnol, a salué pour sa part «un pas en avant vers le changement en Europe».

Même la présidente de l’Argentine Cristina Kirchner s’est exprimée sur ce sujet. «Jeremy Corbyn est un grand ami de l’Amérique latine et partage, en solidarité, nos demandes d’égalité et de souveraineté politiques». «Aujourd’hui voit le triomphe de l’espoir», a conclu la chef d’Etat.

Les réactions en Grande-Bretagne

L’ancien chef des travaillistes, Ed Miliband, a tout de suite apporté son soutien à Jeremy Corbyn : «J’offre mon soutien à Jeremy Corbyn pour ce travail très difficile et exigeant, et j’espère que les gens dans le parti feront de même».

L’ex-maire de Londres Ken Livingstone, figure du parti travailliste, a félicité le nouveau chef du parti parce que ce dernier est «ouvert». Il a aussi reconnu la popularité importante de Jeremy Corbyn : «Ce ne sont pas seulement les nouveaux membres du parti qui ont soutenu Jeremy, mais ceux qui sont là depuis l’époque de Blair ont aussi voté pour lui».

Bien sûr, tout le monde ne se félicite pas de cette victoire. A commencer par le Premier ministre britannique David Cameron qui a posté un tweet caricatural : «le parti travailliste est maintenant une menace pour notre sécurité nationale, notre sécurité économique et celle de votre famille», reprenant un tweet du service de presse du parti conservateur.

Mais la prise de position du Premier ministre britannique a provoqué une avalanche de critiques de la part des internautes. «Calme-toi, crétin !»,«Pas une menace comme la tienne, Dave», «C’est pas le rôle du Premier ministre d’être alarmiste», ont répondu des internautes du tac au tac, ou presque.

Ils se sont même moqués de David Cameron en supposant que ce dernier allait jusqu’à utiliser des drones pour tuer Jeremy Corbyn. «Si Corbyn est tué dans une frappe de drone, on tient le responsable».

«Si Corbyn est si dangereux, pourquoi David Cameron ne le tue pas avec un drone. Tu mets en danger, Dave».

«Je m’attends à ce que Jeremy Corbyn soit tué par un drone n’importe quand».

Le ministre britannique de la Défense, Michael Fallon, a fait écho à David Cameron en estimant que les travaillistes constituaient «un risque sérieux pour notre sécurité». «Ils [le parti travailliste] mineront notre défense, notre sécurité économique, parce qu’il y aura des impôts sur les emplois, des impôts sur les bénéfices et plus d’emprunts. Cela affectera tous les travailleurs», a twitté le service de presse du parti conservateur, dont David Cameron est le chef de file.

 

 

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