«Placer le pays avant le parti»: Farage renonce à défier les conservateurs dans 300 circonscriptions

«Placer le pays avant le parti»: Farage renonce à défier les conservateurs dans 300 circonscriptions© Paul ELLIS Source: AFP
Le chef de file du Brexit Party, Nigel Farage, lors d'un discours à Hartlepool, dans le nord-est de l'Angleterre, le 11 novembre 2019, durant la campagne des élections générales anticipées.

Nigel Farage, à la tête du Brexit Party, a annoncé ne plus s'opposer au Parti conservateur de Boris Johnson pour les élections générales anticipées du 12 décembre. Un virement de bord soudain qui place les Tories – et le Brexit – sur de bons rails.

Nigel Farage, chef de file du Brexit Party (BP) et député européen, a annoncé le 11 novembre qu’il n’alignerait pas ses candidats dans les 317 circonscriptions remportées par le Parti conservateur lors des élections générales de juin 2017. L’ancien leader de l'UKIP (United Kingdom Independance Party), partisan du «Leave» sous forme d’un «hard» Brexit, présentera ainsi des candidats uniquement dans les circonscriptions détenues par le Parti travailliste.

Une alliance qui pourrait être décisive

Cette décision, qui s'apparente à un soutien de Nigel Farage à Boris Johnson, est aussi inattendue que capitale dans l'optique pour les conservateurs d'obtenir une majorité absolue au parlement (soit 325 députés), afin de pouvoir enfin voter l'accord négocié avec Bruxelles. Si le BP, fondé en février 2019, n’avait que très peu de chances de réaliser d’importants résultats lors des élections à venir du fait du mode de scrutin, uninominal majoritaire à un tour, les Tories n’en étaient pas moins inquiets pour autant. Ils craignaient en effet que le BP ne sape les assises des candidats du Parti conservateur et ne divise les électeurs en faveur du Brexit, notamment dans les circonscriptions aux pronostics serrés avec le Parti travailliste. 

C'est ce qui a fini de convaincre un Nigel Farage pourtant bien décidé initialement à concurrencer le parti conservateur, au motif que ce dernier n'avait pas intégré dans l’accord sa vision plus radicale sur le Brexit. «Placer le pays avant le parti» : c'est ainsi qu'il a donc annoncé sa décision de «ne pas s'opposer à Boris Johnson». Une alliance de dernière minute qui assurerait, selon le chef de file du BP, de ne pas obtenir un «parlement minoritaire et de second référendum», en guise de résultats suite aux prochaines élections. «Je viens de donner au Parti conservateur presque deux douzaines de sièges, et je l'ai fait parce que je crois dans le «Leave»», a encore expliqué Nigel Farage, le 12 novembre au micro de la BBC

Malgré tout, cette épine dans le pied de Boris Johnson enfin retirée ne garantit pas pour autant le succès des Tories. Ces derniers sont actuellement crédités de 36% des intentions de vote, contre 28% pour le Parti travailliste, selon le sondage ORB pour le Sunday Telegraph du 2 novembre. Viennent ensuite les Libéraux-démocrates avec 13% puis le Brexit Party avec 12%.

La course est donc lancée entre le Parti conservateur, et le Parti travailliste de Jeremy Corbin, mais Nigel Farage pourrait bien avoir fait pencher la balance de façon décisive du côté des Tories. Boris Johnson s'est en tout cas réjoui de cette nouvelle alliance, notant que les «Conservateurs [n'avaient] besoin que de 9 sièges supplémentaires pour obtenir la majorité et quitter [l'UE] à la fin janvier avec un accord».

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