Chaos dans la capitale bolivienne après le «coup d'Etat» dénoncé par Evo Morales

Chaos dans la capitale bolivienne après le «coup d'Etat» dénoncé par Evo Morales© Carlos Garcia Rawlins Source: Reuters
Des manifestants anti-Morales le 10 novembre 2019 à La Paz, Bolivie.

Des scènes de violence ont éclaté à La Paz et à El Alto, une ville proche de la capitale bolivienne, à la suite de la démission du président Evo Morales, lâché par l'armée et la police. Des manifestants ont notamment envahi l'ambassade du Venezuela.

Scènes de violence et de chaos dans la nuit du 10 au 11 novembre, après l'annonce de la démission du président bolivien Evo Morales, qui a dénoncé un «coup d'Etat».

L'AFP, citant la presse bolivienne, rapporte que de nombreux autobus et des domiciles de personnalités avaient été incendiés dans la capitale La Paz et dans une ville à proximité de celle-ci, El Alto. Le service municipal de transport public de La Paz a ainsi annoncé dans la nuit que des dizaines de manifestants étaient «entrés dans [leurs] installations et [étaient] en train d'incendier les autobus». Les médias ont montré que 15 véhicules étaient en flammes dans le centre d'entretien des autobus.

De plus, l'AFP rapporte que plusieurs dizaines de personnes ont semé la terreur au cours de la nuit dans le quartier aisé d'Achumani, dans le sud de La Paz.

Au milieu de la nuit, des patrouilles de l'armée ont commencé à parcourir les rues de La Paz et d'El Alto, selon l'agence. En revanche, les policiers, dont de nombreuses unités s'étaient mutinées ces derniers jours contre le président Morales, n'effectuaient pas de patrouilles, sans que leur absence ne soit expliquée par leur commandement.

Attaque des domiciles d'Evo Morales et d'anciens ministres

L'ancien président, dont la presse ignore où il se trouve à ce jour, a dénoncé l'attaque de son domicile, dans la nuit du 10 au 11 novembre : «Des groupes violents ont attaqué mon domicile. Les putschistes détruisent l'Etat de droit.»

Un ancien ministre, Juan Ramon Quintana, a également déclaré à la télévision que son domicile avait été pillé par des inconnus qui auraient emporté tous ses documents.

De même, le président de l'Assemblée nationale bolivienne, Victor Borda, a démissionné le 10 novembre après l'incendie de son domicile par des manifestants, tandis que César Navarro, ministre des Mines démissionnaire, a déclaré que son frère avait été pris en otage à son domicile de Potosi (sud-ouest).

En outre, Waldo Albarracin, recteur de l'université d'Etat de La Paz et à la tête d'un collectif de citoyens qui a œuvré aux demandes de démission d'Evo Morales, a déclaré que sa maison avait été incendiée et détruite par «une foule» de membres du Mouvement vers le socialisme (MAS), le parti d'Evo Morales.

L'ambassade du Venezuela occupée par des manifestants cagoulés

Egalement dans la capitale, le siège de l'ambassade du Venezuela a été occupé par des manifestants. L'ambassadrice du Venezuela Crisbeylee Gonzalez a déclaré à l'agence de presse bolivienne ABI : «Equipés de dynamite, des manifestants cagoulés avec des boucliers ont pris l'ambassade du Venezuela en Bolivie. Nous allons bien et sommes à l'abri, mais ils veulent faire un massacre. Aidez-nous à dénoncer cette barbarie».

Le 11 novembre, le président vénézuélien Nicolas Maduro avait condamné «catégoriquement le coup d'Etat survenu contre le frère président Evo Morales», de même que le chef d'Etat cubain, Miguel Diaz-Canel, qui a évoqué un «coup d'Etat violent et lâche de la droite contre la démocratie en Bolivie».

Evo Morales dénonce un «coup d'Etat civil-politique-militaire»  

Dénonçant un «coup d'Etat civil-politique-militaire» avec le concours de groupes violents, Evo Morales a présenté sa démission ce 10 novembre. Le président socialiste, dont la réélection est contestée par l'opposition, avait d'abord proposé, en vain, de nouvelles élections pour sortir de la crise et lever les doutes. Mais, lâché par l'armée et la police, il a finalement exposé les raisons de son départ lors d'une allocution télévisée : «J'ai décidé de démissionner de mon poste pour que [les opposants] Carlos Mesa et Luis Camacho cessent de maltraiter et de porter atteinte à des milliers de frères.» Rappelant ses responsabilités en tant que «président indigène et président de tous les Boliviens», il a ajouté : «J'ai l'obligation de rechercher la paix et cela me fait très mal que nous nous affrontions entre Boliviens.»

L'opposition ne reconnaît pas les résultats de l'élection présidentielle du 20 octobre qu'Evo Morales déclare avoir remportée dès le premier tour.

Lire aussi : Bolivie : Morales dénonce un mandat d'arrêt «illégal» à son encontre

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