Pénurie de vaccins anti-venin : Médecins sans frontières tire la sonnette d’alarme

La pénurie pourrait provoquer une catastrophe humanitaire. Source: Reuters
La pénurie pourrait provoquer une catastrophe humanitaire.

Les stocks de traitement anti-venin produits par le laboratoire français Sanofi Pasteur sont en train de s’épuiser. Médecins sans frontières (MSF) évoque des dizaines de milliers de personnes en danger.

En juin dernier, le monde médical s’affolait de la pénurie de vaccins qui touchait la planète. Traitements contre la coqueluche, le tétanos, la polio et bien d’autres étaient concernés. Aujourd’hui, ce sont les stocks de vaccins anti-venin qui inquiètent. MSF rappelle que le laboratoire français Sanofi Pasteur a cessé la production du Fav-Afrique, seul sérum «certifié sûr et efficace» en 2014. Problème, les stocks actuels s’envolent à vitesse grand V et seront périmés d’ici à juin 2016 ! «Aucun produit de remplacement ne sera disponible pendant au moins deux ans», s’inquiète l’association.

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Des dizaines de milliers de morts en perspective

Selon les chiffres de Médecins sans frontières, quelque 100 000 personnes décèdent chaque année à la suite de morsures de serpents dont 30 000 pour la seule Afrique sub-saharienne. «Des dizaines de milliers de personnes continueront de mourir à moins que la communauté mondiale de la santé ne prenne des mesures immédiates pour assurer la production d’un traitement et d’un sérum antivenimeux», prévient l’organisation.

MSF invite donc Sanofi «à mettre à disposition les substances de base nécessaires à la production du Fav-Afrique» et à trouver «une capacité de production pour affiner ce produit en anti-venin qui pourra à terme, remplacer Fav-Afrique».

Une concurrence trop rude venant d’Asie

Le laboratoire a, pour sa part, justifié l’arrêt de la production par une concurrence de produits fabriqués en Asie, en Afrique et en Amérique latine sur lesquels «Sanofi Pasteur ne pouvait s’aligner». Alain Bernal, porte-parole du groupe, regrette d’avoir mis un terme à la production et dit sensibiliser «depuis plusieurs années les autorités internationales de santé» sur cette question.

Il conclut de manière pessimiste : «Cette situation, que l'on peut considérer comme une défaillance de marché, démontre clairement comment la pression sur les prix conduit à faire des choix au détriment de la durabilité et de la fiabilité de l'approvisionnement et, potentiellement, de la qualité, avec un impact sur la santé publique».

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